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numéro d'inventaire :
E. 1271
Facteur :
Attribué à Girolamo Virchi (CA. 1523-Après 1474)
Lieu :
Brescia, Italie
Date :
Vers 1570

Chef d’œuvre rare, ce cistre présente une facture exceptionnelle (extrême élégance de la forme et des contours, beauté du vernis), mais aussi une sonorité pure et légère qui concourent à en faire une œuvre extrêmement précieuse.

Les cistres

Apparu à la fin du moyen Age, le cistre est l’un des principaux instruments à cordes pincées en Europe. Son nom dériverait du grec Kithara.

Le cistre se différencie du luth par sa caisse de résonance à fond plat, ses cordes de métal réparties en quatre rangs accrochées à la lisière inférieure de la caisse et soulevées par un chevalet. Le cistre se joue avec un plectre. Son jeu, moins ardu que celui du luth, lui assure un succès plus populaire, notamment en Angleterre et dans les Flandres (Vermeer et Metsu, notamment, en représentent dans leurs tableaux)

Le répertoire du cistre est commun au luth et à la guitare, mais il existe dès le XVIe siècle de nombreuses pièces écrites et imprimées pour le cistre, suites de danses et transcriptions de chansons. L’âge d’or du cistre se situe entre le début du XVIe siècle et le milieu du XVIIe siècle. À la fin du XVIIIe siècle, la vogue de l’instrument outre-Manche lui vaut le nom d’english guitar. Tombé dans l’oubli au XIXe siècle, le cistre a principalement survécu au Portugal : appelé chitarra portuguese, il y est l’instrument emblématique du fado.

L’instrument du Musée de la musique

Histoire

Le travail décoratif de ce cistre est concentré sur le cheviller et l’accroche du manche, qui comporte des incrustations de pierres de couleur. Le visage de femme souriant qui sort de la gueule d’un monstre se démarque des autres grotesques réalisées par Virchi – telle celle du cistre conservé au Kunsthistorishes Museum de Vienne, qui présente des proximités avec l’instrument du musée de la musique. La rondeur de chevilles est particulièrement prononcée sur cet instrument. Il aurait été retouché par Antonio Stradivari en 1700, comme en témoignent une étiquette imprimée « Antonius Stradivarius Cremonensis/Faciebat Anno 1700 » et le vernis typique dont il est recouvert.