> Collections du Musée > Les incontournables du Musée
 
numéro d'inventaire :
E. 992.14.1
Facteur :
Max Mathews, Bell Laboratories
Lieu :
États-Unis
Date :
1985

Le violon électronique conçu par Max Mathews au début des années 1970, a été élaboré pour étudier par simulation les modes de vibration de la caisse du violon. Cet instrument permet également de piloter un appareil de synthèse sonore. Il est muni d’un amplificateur et d’un haut-parleur.

Max Mathews

Considéré comme le père de la musique par ordinateur, Max Mathews (1926-2011) a réalisé en 1957, aux Bell Telephone Laboratories, le premier enregistrement numérique de sons et la première synthèse de sons par ordinateur. Il a également signé le premier article sur la reconnaissance de la parole par ordinateur. Scientifique de haut niveau, membre de l’Académie des sciences des Etats-Unis, il a dirigé l’ensemble des recherches sur l’acoustique et la psychologie aux Bell Laboratories et a enseigné à l’Université de Stanford.

Le principe du violon électronique

Vers 1972, Max Mathews imagine de simuler les caractéristiques du violon par des circuits électriques. L’instrument en métal est réduit au strict nécessaire : un manche (la caisse du violon est remplacée par un circuit électronique réglable). Sous chaque corde, un micro capte le son et le transforme en signal électrique. Les vibrations ainsi captées sont envoyées séparément dans quatre jeux de résonateurs électroniques, qui reproduisent exactement les caractéristiques de la courbe de réponse d’un violon. Ce nouvel instrument est plus facile à jouer qu’un violon traditionnel, les cordes amplifiées nécessitent moins d’énergie pour produire un son. Il peut aussi s’adapter aux conditions acoustiques les plus variées. D’autre part, en changeant les réglages ou en modifiant les circuits, on peut produire toutes sortes de sons. Le violon peut aussi être utilisé comme contrôleur gestuel d’un ordinateur, ce qui permet de se livrer à des manipulations illimitées sur les sons.

Composition

Utilisé par certains compositeurs, tels Vinko Globokar ou Michael Sahl, il s’accorde aussi aux nombreux détournements que Laurie Anderson fait subir au violon, parfait alter ego de la voix humaine. Dans le film Home of the Brave (1986) de Laurie Anderson, le violon numérique Max Mathews, doté d’une interface avec le synclavier, reproduit différents sons pris sur un disque dur, dont des cris d’animaux et des bruits d’ordinateur. « En tant qu’utilisatrice éperdue de la technologie, j’adore le côté physique du violon, confesse Laurie Anderson. On ne peut pas prendre son ordinateur dans ses bras pour un tour de danse, pour le faire vibrer ».