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numéro d'inventaire :
E. 2002.10.1
Auteur :
Franz Von Stuck (1863-1928)
Lieu :
Munich, Allemagne
Date :
Vers 1905
Signature :
« Franz/Stuck »
Technique :
Huile sur bois
Dimensions :
55 x 46 cm (sans cadre)

La figure de Beethoven dans l’art du début du XXe siècle

La fin du XIXe siècle est marquée par un culte grandissant pour la figure de Beethoven, qui culmine dans les premières années du XXe siècle. L’œuvre et le statut de génie visionnaire qu’acquiert le compositeur inspirent peintres et sculpteurs, notamment Klimt, Klinger et Bourdelle. Les historiens de la musique (Romain Rolland, Vincent D’Indy) reviennent sur sa vie et son œuvre et, quelques années plus tard, Gide publie la Symphonie pastorale. Peinture, sculpture, musique et littérature concourent donc à couronner l’œuvre et la figure du compositeur, l’inscrivant pleinement dans les courants artistiques du siècle naissant.

Franz von Stuck

Au croisement du symbolisme et de l’art nouveau Jungendstil, Franz von Stuck est de ceux qui prennent part à la redéfinition de la peinture. Membre fondateur de la Sécession de Munich qui entend protester contre le conservatisme de l’état en matière artistique (1892), celui qui aura quelques années plus tard Klee et Kandinsky pour élèves, fait montre d’un attachement remarquable à la musique. Stuck conçoit ainsi un salon de musique pour sa villa munichoise, qui affiche en lettres d’or les noms des compositeurs allemands, de Bach à Wagner, et dans laquelle auraient dû figurer des portraits de compositeurs.

Les portraits de Beethoven

Entre 1900 et 1902, Stuck réalise deux haut-reliefs polychromes d’après le « masque de vie » exécuté du vivant de Beethoven, en 1812. L’un d’entre eux, conservé au musée d’Orsay présente des similitudes avec le tableau du Musée de la musique . Tout à la fois peinture et sculpture, il est en relief mais aussi polychrome et encadré.

Dans le tableau du Musée de la musique, le visage de Beethoven reprend les caractéristiques du masque d’Orsay : lèvres serrées, regard intense, fixe et ténébreux. La blancheur du visage, accentuée par le fond rouge caractéristique de l’œuvre de Stuck, et la luminosité accentuée des parties claires de l’œuvre, jusqu’au blanc des yeux, concourt à en faire, plus qu’un portrait réaliste, une « apparition » presque surnaturelle.