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numéro d'inventaire :
E. 986.1.10
Auteur :
Jean-Pierre Dantan dit Dantan Jeune (1800-1869)
Lieu :
Paris
Date :
1832
Inscription sur la base :
«DantanJe 1832»
Technique :
Plâtre patiné ocre
Dimensions :
32 x 11,5 x 13 cm

La mode des caricatures

Si le sculpteur Dantan est vraisemblablement le premier à lancer la mode des caricatures en séries, et que Honoré Daumier (1808-1879) s’est inspiré des charges de Dantan pour réaliser certains de ses bustes-charges, une comparaison des deux œuvres témoigne tout à la fois des grandes divergences politiques, artistiques et sociales sous la monarchie de Juillet, et de la porosité de ces milieux.

La virtuosité de Dantan, sa capacité à saisir extrêmement rapidement les visages – avec une promptitude quasi-photographique – est mise au service des univers mondains de la musique et du théâtre. Contrairement à Pierre-Jean dit David d’Angers, avec qui il partageait une passion pour la phrénologie, et à Daumier, Dantan Jeune ne prit jamais parti contre Louis Philippe et il accorda à la critique politique une part à peine perceptible de son œuvre.

Les statuettes charges

Le nombre très élevé de statuettes-caricatures réalisées par Dantan Jeune, qui finirent par constituer son « Musée Dantan » (collection de portraits des célébrités de son temps), est le résultat d’un engouement particulièrement marqué de la part des artistes de l’époque. Les habitués du salon de la Comtesse Belgiojoso, notamment, voulurent être portraiturés, et Balzac évoque avec fierté les deux charges que Dantan fit de lui.
Liszt, Tulou, Habeneck, Vieuxtemps, mais aussi Tolbecque : l’ensemble de la société musicale est portraituré, depuis les compositeurs jusqu’au critique musical en passant par les instrumentistes et les chanteurs. Le Musée de la musique possèdent ainsi 10 statuettes.
Le Musée Carnavalet à lui seul détient plus d’une centaine de portraits de musiciens.

L’œuvre de Dantan ne peut être réduite au seul aspect caricaturiste : elle comprend aussi des statuettes « sérieuses » en nombre, essentiellement réalisées sous le second empire, parmi lesquelles figure un portrait de Paganini.

Le portrait-charge de Paganini

Ce portrait-charge de Niccolò Paganini (1782-1840), célèbre virtuose et compositeur, a été réalisé l’année qui suivit l’arrivée du violoniste à Paris. Dantan y accentue l’aspect filiforme et quasi-diabolique de la silhouette du virtuose : « On ne saurait se figurer l’effet prodigieux que produisait sur le public l’aspect de ce personnage long, maigre, jaune, décharné, et dont les yeux lançaient des éclairs lorsqu’il attaquait sur la quatrième corde sa fameuse sonate ! », écrivait Galoppe d’Onquaire dans un poème accompagnant des gravures dessinées d’après les portraits-charge de Dantan (1862). (Galoppe d’Onquaire, Le musée musical de Dantan Jeune, Paris, Au Ménestrel, 1862).