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numéro d'inventaire :
E.862
Facteur :
Anonyme
Lieu de fabrication :
Inde
Date de fabrication :
XIXe siècle

Le terme tabla désigne en réalité une paire de tambours : l’un, appelé tabla est un tambour sur fût conique vertical, et l’autre est une petite timbale dénommée bayan. Apparu vraisemblablement au milieu du XVIIIe siècle, les tabla se sont rapidement imposés au détriment d’autres tambours depuis tombés en désuétude. Leur popularité s’étend aujourd’hui au-delà des limites de l’Inde et leur vaut une notoriété internationale. Ce succès, non démenti depuis une cinquantaine d’années, a notamment été nourri par les tournées triomphales de concerts donnés en Occident dans les années 1950 et 1960, qui révélèrent au public la musique hindoustanie (Ravi Shankar, Ali Akbar Khan). À la fin des années soixante, les Beatles firent usage des tabla dans leurs albums Revolvers et Sergeant Pepper's Lonely Hearts Club Band.

Selon certaines sources orales, c’est un tambour horizontal à deux peaux pakhavaj, qui, scié en deux moitiés posées ensuite verticalement, aurait donné naissance aux tabla.

Au début de son histoire le tabla accompagne les troupes de baladins, les chants et danses de courtisanes, que les Britanniques baptisent nauch (de l’hindi nach, « danse »). Mais très vite, ses possibilités musicales et la souplesse de son emploi lui permettent de s’adapter à des contextes et à des genres musicaux très variés et plus savants (comme le khayal), jusqu’à supplanter les autres tambours (pakhavaj, dholak, naqqara).

Pandit Dinanath Mishra accompagne une danse kathak avec un tabla n’appartenant pas à la collection du Musée de la musique. Concert enregistré à la Cité de la musique le 21 mars 2003.

L’instrument du Musée de la musique

Histoire

Très probablement fabriqué au Bengale, l’exemplaire du Musée de la musique a été offert au Musée en 1872 par le raja S. M. Tagore, mécène et musicologue de Calcutta ayant beaucoup œuvré pour la promotion et la diffusion de la musique hindoustanie.

Description

Le fût de ce tabla, en bois tourné, est creusé à mi-hauteur. La grande variété de timbres est obtenue grâce à une disposition complexe de trois peaux superposées et d’une pastille située au centre de la peau supérieure et composée de limaille de fer et de pâte de riz.

Une épaisse tresse de lanières de cuir, qui constitue le cerclage de ce tambour, est cousue sur le pourtour des peaux. La tension est obtenue par un entrelacs de lanières qui maintient le cerclage en place. De petits cylindres de bois glissés entre le fût et les lanières permettent d’ajuster cette tension.