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numéro d'inventaire :
E.2003.6.1
Facteur :
Ioannes Couchet (1615-1655)
Lieu de fabrication :
Anvers, Belgique
Date de fabrication :
1652, ravalé en France en 1701

Classé trésor national par l’État français, acquis en 2003 par le Musée de la musique, ce clavecin est une pièce exceptionnelle par la grande qualité de son exécution, le faste de son décor et sa richesse sonore.

Le clavecin est un instrument dont les cordes sont pincées à l’aide d’une plume d’oiseau taillée en pointe, fixée sur une réglette de bois (le sautereau). Son succès en Europe s’étend du XVIe (voire même XVe) à la fin du XVIIIe siècle, époque où le piano, récent et plus adapté à l’esthétique musicale, le supplante.

Christophe Rousset interprète ici un extrait de la courante de la Suite XII de Johann Jakob Froberger (1616-1667).

L’instrument du Musée de la musique

Histoire

Ce clavecin est l’une des six œuvres de Couchet répertoriées dans le monde et la seule conservée en France à notre connaissance. Le célèbre facteur anversois achève son clavecin en 1652. En 1701, probablement en France, l’instrument est mis à ravalement (l’étendue a été agrandie, un jeu de quatre pieds et un second clavier ont été ajoutés). Pratique courante à cette période, le ravalement marque la pérennité de la facture flamande : on préférait transformer ces instruments pour les mettre au goût du jour plutôt que d’en changer.

Description physique

Le pourtour du clavier est plaqué de sycomore. La table d’harmonie en résineux non vernie est de petite taille. L’étendue est de cinq octaves et une quinte. La mécanique est à double pilote et l’instrument est équipé de quatre jeux : basson, céleste, forte et luth, actionnés au moyen de pédales en bois disposées sur une barre reliant les deux pieds arrières. Goût d’époque, ces pédales à effet modifient profondément le timbre de l’instrument ; elles fonctionnent par apposition (parchemin, cuir) ou interposition (drap) de matériaux entre les marteaux et les cordes.

Décor

Le nouveau décor est composé de grotesques sur fond doré, « à la Berain » (du nom du décorateur Jean Berain). Le piétement avec caryatides est un des rares originaux de l’époque de Louis XIV.

État de jeu

Remis en état de jeu, ce clavecin est joué en concert à la Cité de la musique.