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numéro d'inventaire :
E. 547
Facteur :
Matteo Sellas (Actif dans la première partie du XVIIe siècle)
Lieu de fabrication :
Venise, Italie
Date de fabrication :
Vers 1640

Instrument à cordes pincées appartenant à la famille des archiluths, le théorbe possède un son plus grave que celui du luth.

Il semble que le nombre de cordes des théorbes se soit stabilisé autour de quatorze dès le début du XVIIe siècle. Seul Johannes Hieronymus Kapsberger préconisait un instrument à dix-neuf rangs de cordes, dont le principe consistait à avoir une gamme diatonique sur le grand jeu, suivie des altérations correspondantes. Cette invention, qui ne fut certainement pas aussi répandue que les modèles à quatorze rangs, correspond néanmoins au désir de perfectionner les instruments en augmentant leurs possibilités chromatiques.

La Chiaccona d’Alessandro di Piccinini est jouée par Jean-Luc Tamby, sur le fac-similé du théorbe de Sellas.

L’instrument du Musée de la musique

Histoire

L’étiquette manuscrite collée au fond de la caisse, la plaque d’adresse fixée sur le second cheviller, les marques au fer, la forme du dos et les motifs des roses attribuent sans la moindre ambiguïté ce théorbe à Matteo Sellas.

Description

Le nombre de choeurs de ce théorbe (dix-huit) pourrait paraître excessivement élevé si Kapsberger n’avait préconisé, dans son Libro primo d’intavolatura di chitarrone (Rome 1640), un « chitarrone over tiorba » pourvu de dix-neuf choeurs.

La caisse comporte trente-trois côtes d’if séparées par des filets d’un bois exotique brun foncé. La table, en épicéa aux fibres serrées, est constituée de deux lés. Les bords sont garnis d’un filet de palissandre incrusté à mi-bois. Le manche est plaqué de palissandre au dos, avec un faisceau de dix-neuf filets d’ivoire. La plaque de touche, également en palissandre, est en deux lés. Le chevalet original est perdu et le chevalet actuel est une pièce récente, atypique et incohérente au regard de la disposition des cordes.

La disposition du cheviller double, avec son décrochement au-dessus de la mortaise du petit jeu, et le second cheviller en forme de crosse sont d’une grande rareté.

État de jeu

Un important rognage du bord de caisse et, de manière plus générale, l’état actuel de l’instrument témoignent d’une utilisation intensive. Si ce théorbe reste néanmoins dans un exceptionnel état de conservation, il n’en demeure pas moins fragile. Aussi, le Musée de la musique a fait le choix de réaliser un fac-similé, confié à Carlos Gonzales.