> Collections du Musée > Les incontournables du Musée
 
numéro d'inventaire :
E.409
Facteur :
Jean-Baptiste Vuillaume (1789-1875)
Lieu de fabrication :
Paris, France
Date de fabrication :
Vers 1850

Haut de presque trois mètres cinquante, cet instrument gigantesque mais de proportions identiques à la contrebasse, est la réalisation la plus spectaculaire de Jean-Baptiste Vuillaume.

Grâce aux Expositions universelles rassemblant les inventions technologiques des différentes nations, le public peut suivre et admirer les rapides progrès de la révolution industrielle. Là sont exposées les dernières innovations, comme le sablier ou le téléphone, ainsi que de nombreux instruments de musique. Dominant par ses recherches et son esprit d’entreprise la facture des cordes au XIXe siècle, Vuillaume y présente à plusieurs reprises ses instruments. Il conçoit vraisemblablement l’octobasse à la toute fin des années 1840.

Peu de pièces ont été écrites pour l’instrument. Parmi les rares compositeurs qui s’y attachèrent, Hector Berlioz l’employa pour l’exécution de son Te deum au concert inaugural de l’Exposition universelle de 1855. Il en jugeait les sons « d’une puissance et d’une beauté remarquables, pleins et fort sans rudesse ».

Pour jouer cet instrument dont la taille est bien supérieure à celle d’un homme, sept manettes ont été conçues, qui actionnent des « doigts » métalliques placés sur les cordes au niveau du manche. Les manettes sont elles-mêmes commandées par un pédalier à sept pédales ou tirées par la main gauche (le musicien peut alterner le jeu au pied ou à la main). La mécanique est dissimulée dans le creux du manche. L’octobasse ne possède que trois cordes, accordées do, sol, do.

Michael Greenberg et David Sinclair interprètent un extrait du 2e mouvement du Quatuor op.76, n°3 "l'Empereur" de Joseph Haydn sur une copie de l'octobasse de Jean-Baptiste Vuillaume conservée au Musée de la Musique et sur une contrebasse de Anselme Bellosio.

L’instrument du Musée de la musique

Histoire

Cet exemplaire, vraisemblablement montré en 1855 à l’Exposition universelle de Paris, valut à Vuillaume la grande médaille d’honneur. On sait qu’il présenta également une octobasse à l’Exposition universelle de Londres en 1851 – mais probablement s’agit-il de l’exemplaire qui brula dans l’incendie du théâtre Drury Lane.

État de jeu

Seuls trois exemplaires d’octobasse ont été fabriqués à l'époque, dont deux nous sont parvenus. L’atelier Jean-Jacques Pagès a réalisé une copie de l’octobasse du Musée en 2010.