> Collections du Musée > Les incontournables du Musée
 
numéro d'inventaire :
E.983.3.1
Facteur :
Pleyel
Lieu de fabrication :
Paris, France
Date de fabrication :
1929

Qu’ils soient qualifiés de pianos « en vis-à-vis », « double », « grand double », « en regard », « à claviers opposés » ou « double de concerts », les instruments possédant deux clavier se faisant face traduisent une attention portée au répertoire de duos et la volonté d’en faciliter l’exécution – en particulier par l’homogénéisation du timbre.

Construits dans une même caisse et pour une seule table d’harmonie, les instruments à deux claviers sont à certains égards les héritiers de spécimens plus anciens encore, construits par des facteurs flamands au début du XVIIe siècle. Ces derniers lièrent clavecin et virginale dans un même corps mais les instruments qu’ils créèrent, tels les les virginales à deux claviers « mutter und kind » ne rendaient pas possible le vis-à-vis. Ils permettaient en revanche d’associer des timbres et des étendues différentes.

Les facteurs qui s’attachèrent à ce type d’instruments au cours des décennies suivantes sont notamment Andreas Stein (1777), Sébastien Erard (1811), et Gustave Lyon, fondateur de la salle Pleyel et directeur de la firme en 1929, lorsque ce piano sort des ateliers.

Remettant au goût du jour une tradition ancienne d’instruments à deux claviers, Lyon s’était engagé au tournant du siècle précédent dans un type de fabrication qu’il était pratiquement le seul à mettre en oeuvre. Il produisit donc ces pianos en nombre restreint.

La proximité permise par cet instrument s’accompagne d’une liaison mécanique. Cette particularité agit d’un clavier sur l’autre par l’effet d’une tirasse accouplant les jeux d’étouffoirs. Ainsi, les effets de sympathie s’accentuent et créent des résonnances que deux pianos séparés ne pourraient avoir. La table unique permet en effet une grande fusion harmonique entre le jeu des deux pianistes. En revanche, la tension extrême qui résulte du montage de deux plans de cordes sur un seul cadre fragilise l’instrument.

Alexandre Tharaud et Zhu Xiao-Mei, jouent sur le double piano le Menuet, extrait de la Petite suite composée par Claude Debussy (1862-1918) ; transcription pour deux pianos d'Henri Büsser.

« Hémiones », extrait du Carnaval des animaux, composé par Camille Saint-Saëns (1886-1887), est joué sur le piano double du Musée. Concert enregistré à la Cité de la musique le 29 février 2012

L’instrument du Musée de la musique

Histoire

Quarante-huit exemplaires de pianos doubles ont été construits entre 1897 et 1943, suivant deux formats différents : le petit modèle, auquel correspond l’exemplaire du musée, mesurait 40 cm. de moins que le grand modèle (2,86 mètres de long).

État de jeu

En parfait état de jeu, ce piano est parfois joué en concert – et le fut, en 2012, par Michel Béroff et Marie-Josèphe Jude.