> Collections du Musée > Les incontournables du Musée
 
numéro d'inventaire :
E.997.24.1
Facteur :
Anonyme
Lieu de fabrication :
Inde
Date de fabrication :
XVIIe siècle

La bin ou rudra-vina est un instrument à cordes pincées. Créée dit-on par le dieu Shiva, elle est devenue au cours des siècles un emblème de la tradition instrumentale indienne. Bien qu’elle soit aujourd’hui toujours auréolée d’une grande considération, elle a pratiquement disparu de la scène musicale.

Du XVe au XVIIIe siècle, la bin est un instrument très prisé au sein des cours princières hindoues et musulmanes. Elle y est le plus souvent jouée dans l’intimité de réunions privées ou en accompagnement du répertoire chanté (dhrupad). Malgré une sonorité et un répertoire exceptionnels, la bin est aujourd’hui tombée en désuétude, éclipsée dans le courant du XIXe siècle par de nouveaux instruments comme le sitar et le sarod.

Elle appartient à la famille des cithares sur tube. Depuis les premiers témoignages iconographiques qui attestent sa présence en Inde à la fin du Ve siècle, la cithare sur tube s’est développée en une riche typologie sur plus d’un millénaire. Au XVIe siècle, la bin se compose d’un long tube de bois ou de bambou, sous lequel sont fixés deux résonateurs faits de courges évidées. Sur le tube sont positionnées de hautes frettes de bois au-dessus desquelles sont tendues quatre cordes mélodiques. De part et d'autre du tube, sont disposées latéralement deux fines cordes rythmiques (chikari) et une corde faisant office de bourdon. Le timbre caractéristique de la bin est en partie dû à son chevalet plat, taillé dans une pièce d'ivoire ou de corne de cervidé et sur lequel reposent les cordes.

Le musicien joue agenouillé. L'instrument est traditionnellement porté en travers de la poitrine, l'un des résonateurs reposant sur l'épaule gauche tandis que l'autre vient se placer dans le giron du musicien. Les cordes mélodiques sont pincées avec deux onglets métalliques fixés sur l'index et le majeur de la main droite.

Présentation de la rudra-vina (E.997.24.1) appartenant aux collections du musée de la Musique (Paris) par Philippe Bruguière, conservateur

L’instrument du Musée de la musique

Histoire

Ce rarissime exemplaire du Musée de la musique, découvert au Rajasthan, pourrait provenir du royaume de Bikaner dont la production artistique fut fortement influencée dès la fin du XVIe siècle par l'art moghol

Description

Les trois trous de chevilles et les treize frettes correspondent aux caractéristiques organologiques de l’instrument au XVIIe siècle. Les chevilles comme le cordier ont malheureusement disparu mais l'état de conservation exceptionnel permet d'apprécier l'extrême raffinement apporté à son décor.

Décor

Les œillets et iris, savamment agencés en une riche composition florale sont d'inspiration moghole. Chaque contour est rehaussé de dorures et, sur la partie supérieure des résonateurs, un délicat feuillage cuivré a été minutieusement reproduit.