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numéro d'inventaire :
E.2000.2.1
Facteur :
Rodriguez Frères (XXe siècle)
Lieu de fabrication :
La Paz, Bolivie
Date de fabrication :
1981

La forme de ce petit instrument rappelle celle de la guitare : fruit de la rencontre des cultures indigènes et européennes, le charango est un instrument hybride qui a très probablement eu pour origine l’ancienne vihuela ou la guitare « renaissance », deux instruments introduits sur le continent américain durant la conquête espagnole au XVIe siècle.

Répandu dans les régions montagneuses de Bolivie, au centre et au sud du Pérou comme dans le nord de l’Argentine et au Chili, le charango est utilisé pour accompagner les chants et danses exécutés durant les fêtes villageoises et lors de cérémonies agraires. Il n’est joué que par les hommes.

Le terme charango a probablement une double origine : mot très employé pendant l’époque coloniale, charanga désigne une « musique d’instruments métalliques » et charanguero signifie « grossier, vulgaire ou imparfait ».

La caisse de résonnance est traditionnellement confectionnée en bois de cèdre ou de noyer, mais il arrive, comme c’est le cas ici, qu’elle soit réalisée avec la carapace d’un tatou.

José Mendoza interprète l’air Kalampeado, musique traditionnelle d’Amérique du Sud.

L’instrument du Musée de la musique

Description physique

Outre la carapace de tatou, du bois, du métal, du nylon et du verre sont employés dans la fabrication de cet instrument. Les yeux du tatou sont figurés sur la caisse de résonnance par deux petits éclats de verroterie bleue. La table d’harmonie est en bois résineux, le chevalet est en érable ou en hêtre, la touche – sur laquelle sont disposées 16 frettes – est en palissandre et le manche en faux acajou (cedrela odorata). Ce charango est monté de cinq cordes en nylon double.

Décor

La rosace richement décorée et la pistagne (motif de marqueterie) qui borde la table attestent du soin apporté à la facture de ce charango. Une plaque symétrique de rhodoïd (plastique) recouvre partiellement la table. L’instrument est joué sans plectre. Certains charango portent de fines cordes en métal mais d’autres comme celui-ci sont montés de cinq cordes doubles en nylon.