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numéro d'inventaire :
E.1117
Facteur :
Anonyme
Lieu de fabrication :
Java, Indonésie
Date de fabrication :
Avant 1887

Le gamelan est un orchestre indonésien essentiellement constitué de métallophones, de gongs et de tambours. Son nom vient du javanais gamel, qui signifie « frapper ».

L’idéologie fortement communautaire et plutôt égalitariste typique des sociétés villageoises indonésiennes transparaît largement dans l’organisation du matériau sonore et du gamelan lui-même : union de la diversité, discipline collective, dépendance mutuelle, coordination, partage égalitaire, morcellement du matériau, du temps et de la tâche en micro-unités, complémentarité, dualité, mobilisation de nombreux participants.

Chaque gamelan possède son propre accord, qui marque son identité sonore par rapport aux autres gamelans de la même catégorie, comme une sorte de drapeau sonore de la communauté possédant l’instrument. Le gamelan est attaché à la communauté et parfois rituellement marié avec elle. De ce fait, les éléments de deux gamelans ne peuvent pas être mêlés (inutile d’en voler au village voisin !). Dans les fêtes où plusieurs gamelans jouent en même temps, la cacophonie produite est une marque de réussite, de cohésion sociale et de prospérité : « l’Union de la diversité », devise nationale.

Au centre de la formation, le tambourinaire occupe le rôle de « chef d’orchestre ». La composition du gamelan varie selon ses fonctions rituelles ou profanes : il peut être joué dans l’enceinte des palais princiers comme dans les plus modestes villages. Il n’est pas rare qu’un gamelan javanais groupe soixante-dix instruments. Ceux-ci sont accordés selon deux échelles : heptatonique (pélog) ou pentatonique (slèndro).

Musique traditionnelle indonésienne : Kaki tunggu jagung (« Grand-père surveille le champ de maïs »)

L’instrument du Musée de la musique

Histoire

Ce gamelan, composé de six métallophones, de cinq ensembles de gongs bulbés posés sur châssis, de deux gongs suspendus, de deux tambours et d’une vièle, fut offert au gouvernement français en 1887 par un haut fonctionnaire de l’administration des Indes néerlandaises. Les lames du gamelan dateraient au moins du XVIIIe siècle.

Décor

Les châssis des gongs sont fabriqués en bois de teck. Peints en rouge, ceux-ci sont ornés de motifs marins or sur noir. Ils ont été réalisés et peints dans la ville de Cirebon.