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numéro d'inventaire :
E.981.13.1
Facteur :
Ignace Pleyel (1757-1831)
Lieu de fabrication :
Paris, France
Date de fabrication :
1809

Ce piano est le plus ancien des instruments de la firme Pleyel actuellement répertoriés. Il porte l’inscription « Pleyel à Paris, Boulevard Bonne-Nouvelle, n° 58 ».

Archétype de l’artiste entrepreneur du début du XIXe siècle, Ignace Pleyel naît en Autriche en 1757. Musicien (il a travaillé avec Haydn), compositeur, marchand et éditeur de musique, il se lance dans la construction de piano en 1805 avec le facteur parisien Charles Lemme puis crée, dès 1807, sa propre entreprise.

Avant d’adopter une mécanique à simple échappement pour ses pianos à queue, Pleyel emploie une mécanique à double pilote pour laquelle il préconise, avec Dussek, une technique pianistique proche de celle du clavecin : « Les mains doivent être placées au-dessus des touches, les doigts pliés aux premières phalanges et très légèrement recourbés aux secondes, de façon que la main prenne une forme arrondie. [...] Il faut que le doigt s’élève sans s’allonger un peu au-dessus du niveau du clavier et qu’il frappe la touche perpendiculairement. » (Méthode pour le pianoforte).

Aurélien Delage interprète l’andante de la Sonate en do mineur opus 4 n° 5 de Hyacinthe Jadin (1716-1800)

L’instrument du Musée de la musique

Histoire

Ce piano est représentatif de la période du tout début du XIXe siècle pendant laquelle les pianos carrés gagnent en encombrement et en volume sonore. De manière variable, le clavier des pianos carrés s’étendra vers l’aigu, atteignant entre 61 et 68 notes.

Description

Le pourtour du clavier est plaqué de sycomore. La table d’harmonie en résineux non vernie est de petite taille. L’étendue est de cinq octaves et une quinte. La mécanique est à double pilote et l’instrument est équipé de quatre jeux : basson, céleste, forte et luth, actionnés au moyen de pédales en bois disposées sur une barre reliant les deux pieds arrières. Goût d’époque, ces pédales à effet modifient profondément le timbre de l’instrument ; elles fonctionnent par apposition (parchemin, cuir) ou interposition (drap) de matériaux entre les marteaux et les cordes.

Décor

Quatre pieds droits en fuseau de style Empire, ornés de bagues de bronze, supportent le meuble plaqué d’acajou à trois pupitres (dont l’un, placé à droite du clavier, servait pour la musique d’ensemble). Selon que le couvercle est ouvert ou fermé, les interprètes disposent d’un ou de deux pupitres, mais les trois ne peuvent être utilisés simultanément.

Etat de jeu

Ce piano est encore joué aujourd’hui.