
Programme de la représentation de la
Danse macabre de Josef Reiter à l' Opéra allemand
de Berlin, 1938, Berlin, © Archiv der Berliner Philharmoniker
im Staatliche Institut für Musikforschung - Preussischer
Kulturbesitz
![Liselotte Orgel-Köhne, Camp musical, , 1938, retirage photographique 2004, Berlin, retirage photographique 2004, 24 * 30 cm, Berlin, © Deutsches Historisches Museum, Bildarchiv Orgel-Köhne 1576 [Ill. 53, p. 123]](images/camp.jpg)
Camp musical, Liselotte Orgel-Köhne,
1938, retirage photographique 2004, Berlin, © Deutsches Historisches
Museum, Bildarchiv
![Liselotte Orgel-Köhne, Organisation de loisirs de jeunes filles, 1939-1942, Berlin, retirage photographique 2004, 24 * 30 cm, Berlin, Deutsches Historisches Museum, Bildarchiv, Orgel-Köhne 4465 / 7, (Ill. 55, p. 125]](images/campjeunesfilles.jpg)
Organisation de loisirs de jeunes filles,
Liselotte Orgel-Köhne, 1939-1942, Berlin, ©
Deutsches Historisches Museum, Bildarchiv

Vue de l'exposition : Le
Führer parle, Paul Matthias Padua, 1939, Baden-Baden,
© Cité de la musique - Photo : A. Cazard
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Du festival de Bayreuth au camp
de Terezin, le régime nazi maîtrise parfaitement
les outils aptes à
emporter l'adhésion du peuple allemand et à
ménager la communauté internationale.
L'opéra Totentanz (« Danse
macabre ») de Josef Reiter fut présenté
en avril 1938 au Deutsches Opernhaus de Berlin qui incombait aux
services de Joseph Goebbels.
Ce programme pour l'opéra Totentanz montre
à quel point l'effigie du Führer envahit le
moindre objet, de l'assiette aux figurines en plâtre
en passant par toutes sortes de brochures présentant des
manifestations culturelles, désormais indissociables de
l'action politique.
L'image véhiculée par les actualités
et les films de propagande donne l'idée d'une
communauté nationale unie et indissoluble. Le régime
s'appuie sur une vie musicale très riche, dominée
par la qualité des
productions symphoniques et lyriques. L'Orchestre Philharmonique
de Berlin rayonne à l'étranger
malgré des campagnes de boycott.
La vie musicale est réglée par le poids des associations
(Jeunesses hitlériennes, La Force par la
joie…). La pédagogie et les mouvements de masse font
l'objet d'un accompagnement idéologique très
présent. La direction de la Jeunesse du Reich (RJF, Reichsjugendführung)
organise la musique au sein des Jeunesses Hitlériennes.
Celle-ci prend en charge l'enseignement musical en dehors
de l'école à
travers la Hitlerjugend (HJ) pour les garçons
et le Bundeutscher Mädel (BDM) pour les filles,
seuls groupements de jeunesse autorisés à partir
de 1936. À côté du professeur de musique du
secteur privé ou du conservatoire, un nouveau personnage
apparaît, celui de « dirigeant musical pour la jeunesse
». Le principe fondamental régissant l'organisation
de ce mouvement est la croyance en l'essence communautaire
de la musique qui vise au retour d'une organisation sociale
de type féodal.
L'éducation musicale a pour objectif de remplacer
la Gesellschaft, organisation individualiste, par
la Gemeinschaft, organisation sociale holistique. En
découle une pédagogie entièrement
orientée vers des pratiques collectives censées
dessiner une nouvelle unité du peuple, fondée sur
la
participation active au groupe.
Ces clichés pris par Liselotte Orgel-Köhne, Camp
musical, 1938, Organisation de loisirs de jeunes filles,
1939/42, tendent à véhiculer une image conviviale
de ces camps dont l'ambition était d'«
élever la jeunesse en êtres conscients de leur germanité
».
Média choyé par la propagande, la radio s'attache
à intégrer le grand répertoire dans le projet
politique. Sa production industrielle (25% de foyers détenteurs
en 1933, 65% en 1941) permet une couverture efficace des messages
politiques et programmes de divertissement soigneusement sélectionnés
par la censure. Bridés sur les ondes moyennes, ces appareils
ne permettaient guère de capter les radios étrangères.
L'huile sur toile Le Führer parle de Paul
Matthias Padua dépeint une famille de paysans, toutes générations
confondues, du berceau au vieillard, rassemblés autour
du « récepteur du peuple » et plongés
dans un
recueillement quasi religieux. Une photographie accrochée
au mur telle une image pieuse, et un journal ouvert à la
page où figure son nom nous laissent supposer qu'ils
sont en train d'écouter un
discours de Hitler. Ainsi la figure du Führer est présentée
comme objet d'un culte de la
personnalité poussé à son paroxysme. L'œuvre
est exposée à Munich dans le cadre de la Grande
exposition d'art allemand.
La période de guerre est quant à elle propice à
une campagne tendant à attiser
l'enthousiasme des troupes. La musique militaire et la musique
légère sont perçues comme un baume
indispensable alors que s'annoncent les signes de la débâcle.
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