
Autoportrait bleu, Arnold Schönberg,
1910, Vienne, © Cité de la musique

Création de Mahagonny-Songspiel
au Festival de Baden-Baden le 18 juillet 1927, Kurt Weill ©
Stifftung archiv der Akademie der Künste, Bertolt-Brecht-Archiv
![Kerzentänzerinnen, Danseuse aux bougies, Emil Nolde, 1917, gravure sur bois, 30,5 * 24,5 cm, Neukirchen, Stiftung Seebüll Ada und Emil Nolde, SHo 113 [Ill.1, p.5]](images/danseuseauxbougies.jpg)
Danseuse aux bougies, Emil Nolde,
1917, gravure sur bois, Neukirchen, © Stiftung Seebüll
Ada und Emil Nolde
![Fritz Mahnke, Projet de décor pour Le Violon enchanté de Werner Egk ; sixième tableau : le gibet, Cologne, © Theaterwissenschaftliche Sammlung der Universität zu Köln G 04/105/1 [Ill. 40, p.91]](images/projet.jpg)
Projet de décor pour Le Violon
enchanté de Werner Egk ; sixième tableau :
le gibet, Fritz Mahnke, Cologne, © Theaterwissenschaftliche
Sammlung der Universität zu Köln
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À partir de l'étude d'un certain nombre
de courants allemands ou étrangers antérieurs à
l'avènement
du nazisme et rejetés par ce dernier (jazz, expressionnisme,
musique atonale, musique légère, etc.), il s'agit
dans un second temps d'expliciter à travers l'idée
de création moderne les présupposés théoriques
et idéologiques ayant étayé leur condamnation
en éclairant d'autres domaines artistiques, en particulier
celui des arts plastiques. Les grandes figures fondatrices de
la modernité (Schönberg, Busoni, Pfitzner, Schreker,
Krenek, Nolde, Weill) sont évoquées, notamment en
liaison avec l'évolution des différentes formes
lyriques (monodrame, sketch, opéra d'actualité,
opéra-jazz, opéra-revue).
La série d'autoportraits de Schönberg est réalisée
en 1910, seconde grande phase picturale après 1907 et contemporaine
de la rédaction du Traité d'Harmonie.
Ces œuvres de dimension réduite reflètent le
monde intérieur d'un compositeur qui envisageait
la peinture comme le prolongement de la composition, une possibilité
d'exprimer ses émotions et ses idées, un autre
moyen de « faire de la musique avec des couleurs et des
formes ».
Bertolt Brecht et Kurt Weill, les deux principaux artisans de
l'avant-garde dramatique se rencontrent en 1927 et inaugurent
leur collaboration par Mahagonny-Songspiel, un projet
scénique destiné au Festival de Baden-Baden le 18
juillet 1927.
Ce projet des deux artistes marque la volonté de rompre
avec la tradition lyrique. Le propos expérimental (projections
de Caspar Neher, caractère artisanal de la mise en scène,
fusion des dimensions de la répétition et de la
création) s'accompagne d'une déclaration
anarchiste qui provoque un scandale parmi le public mondain du
festival.
Les danseuses aux bougies d'Emil Nolde se situe
dans le prolongement de la période créatrice de
l'artiste inaugurée en 1906 lorsqu'il rejoint
le mouvement expressionniste Die Brücke («
Le Pont »). Nolde décline le thème de la danse
aussi bien en danse festive à travers des peintures de
cabaret, qu'en danse sauvage, « seul résidu
authentique de la nature originelle de l'homme ».
Ici, les figures féminines semblent ployer et se tordre
sous la douleur. L'usage de la gravure sur bois témoigne
d'une inspiration puisée dans les arts d'Afrique
et d'Océanie. Nolde, fasciné par l'art
primitif, accompagne en 1913-1914 une mission ethnographique en
Nouvelle-Guinée. Ce voyage renforce sa conception d'un
art visant à retrouver ce qui caractérise la création
de ces peuples : « l'expression intensive de la force
et de la vie dans les formes les plus élémentaires
».
À ces propositions avant-gardistes condamnées par
le régime nazi s'opposent les productions
restauratrices de Richard Strauss, Werner Egk et Carl Orff, marquées
par le primat de la mélodie, la
dimension du populaire germanique et le rituel médiéval.
Ainsi, le projet de décor pour Le Violon enchanté
de Werner Egk cultive un réalisme populaire prisé
dans les milieux nationalistes, et que les décors imaginés
par Fritz Mahnke mettent particulièrement en valeur.
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