Dossiers pédagogiques > Expositions temporaires du Musée

Le IIIe Reich et la musique

La création contemporaine
 
 

Autoportrait bleu, Arnold Schönberg, 1910, huile sur bois, Vienne, © Cité de la Musique
Autoportrait bleu, Arnold Schönberg, 1910, Vienne, © Cité de la musique

Kurt Weill, création de Mahagonny-Songspiel, au Festival de Baden-Baden le 18 juillet 1927, retirage photographique 2004, 24 * 30 cm© Stifftung archiv der Akademie der Künste, Bertolt-Brecht-Archiv
Création de Mahagonny-Songspiel au Festival de Baden-Baden le 18 juillet 1927, Kurt Weill © Stifftung archiv der Akademie der Künste, Bertolt-Brecht-Archiv

Kerzentänzerinnen, Danseuse aux bougies, Emil Nolde, 1917, gravure sur bois, 30,5 * 24,5 cm, Neukirchen, Stiftung Seebüll Ada und Emil Nolde, SHo 113 [Ill.1, p.5]
Danseuse aux bougies, Emil Nolde, 1917, gravure sur bois, Neukirchen, © Stiftung Seebüll Ada und Emil Nolde

Fritz Mahnke, Projet de décor pour Le Violon enchanté de Werner Egk ; sixième tableau : le gibet, Cologne, © Theaterwissenschaftliche Sammlung der Universität zu Köln G 04/105/1 [Ill. 40, p.91]
Projet de décor pour Le Violon enchanté de Werner Egk ; sixième tableau : le gibet, Fritz Mahnke, Cologne, © Theaterwissenschaftliche Sammlung der Universität zu Köln

À partir de l'étude d'un certain nombre de courants allemands ou étrangers antérieurs à l'avènement
du nazisme et rejetés par ce dernier (jazz, expressionnisme, musique atonale, musique légère, etc.), il s'agit dans un second temps d'expliciter à travers l'idée de création moderne les présupposés théoriques et idéologiques ayant étayé leur condamnation en éclairant d'autres domaines artistiques, en particulier celui des arts plastiques. Les grandes figures fondatrices de la modernité (Schönberg, Busoni, Pfitzner, Schreker, Krenek, Nolde, Weill) sont évoquées, notamment en liaison avec l'évolution des différentes formes lyriques (monodrame, sketch, opéra d'actualité, opéra-jazz, opéra-revue).


La série d'autoportraits de Schönberg est réalisée en 1910, seconde grande phase picturale après 1907 et contemporaine de la rédaction du Traité d'Harmonie. Ces œuvres de dimension réduite reflètent le monde intérieur d'un compositeur qui envisageait la peinture comme le prolongement de la composition, une possibilité d'exprimer ses émotions et ses idées, un autre moyen de « faire de la musique avec des couleurs et des formes ».


Bertolt Brecht et Kurt Weill, les deux principaux artisans de l'avant-garde dramatique se rencontrent en 1927 et inaugurent leur collaboration par Mahagonny-Songspiel, un projet scénique destiné au Festival de Baden-Baden le 18 juillet 1927.
Ce projet des deux artistes marque la volonté de rompre avec la tradition lyrique. Le propos expérimental (projections de Caspar Neher, caractère artisanal de la mise en scène, fusion des dimensions de la répétition et de la création) s'accompagne d'une déclaration anarchiste qui provoque un scandale parmi le public mondain du festival.


Les danseuses aux bougies d'Emil Nolde se situe dans le prolongement de la période créatrice de l'artiste inaugurée en 1906 lorsqu'il rejoint le mouvement expressionniste Die Brücke (« Le Pont »). Nolde décline le thème de la danse aussi bien en danse festive à travers des peintures de cabaret, qu'en danse sauvage, « seul résidu authentique de la nature originelle de l'homme ». Ici, les figures féminines semblent ployer et se tordre sous la douleur. L'usage de la gravure sur bois témoigne d'une inspiration puisée dans les arts d'Afrique et d'Océanie. Nolde, fasciné par l'art primitif, accompagne en 1913-1914 une mission ethnographique en Nouvelle-Guinée. Ce voyage renforce sa conception d'un art visant à retrouver ce qui caractérise la création de ces peuples : « l'expression intensive de la force et de la vie dans les formes les plus élémentaires ».


À ces propositions avant-gardistes condamnées par le régime nazi s'opposent les productions
restauratrices de Richard Strauss, Werner Egk et Carl Orff, marquées par le primat de la mélodie, la
dimension du populaire germanique et le rituel médiéval.
Ainsi, le projet de décor pour Le Violon enchanté de Werner Egk cultive un réalisme populaire prisé dans les milieux nationalistes, et que les décors imaginés par Fritz Mahnke mettent particulièrement en valeur.

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