![Oskar Kokoschka, Ô Eternité - Ô parole foudroyante, cantate de Bach, " La femme guide l'homme" (feuillet 4), 1914, lithographie, Berlin, Staatliche Museen zu Berlin, Oskar Kokoschka, Ô Eternité - Ô parole foudroyante, cantate de Bach, " La femme guide l'homme" (feuillet 4), 1914, lithographie, Berlin, Staatliche Museen zu Berlin, © Preussischer Kulturbesitz, Kupferstichkabinett, 56,2 * 46,5 cm, Kupferstichkabinett, AM 236.4-1977 [exp. n° 14]](images/cantate.jpg)
Ô Eternité - Ô parole
foudroyante, cantate de Bach, " La femme guide l'homme"
(feuillet 4), Oskar Kokoschka, 1914, lithographie, Berlin, Staatliche
Museen zu Berlin, © Preussischer Kulturbesitz, Kupferstichkabinett

Hitler devant le buste de Bruckner au
Walhalla, 1937, photographie Berlin, © Stifftung archiv
der Akademie der Künste, Kunstsammlung, ullstein bild

Buste de Richard Wagner, Arno Brecker,
1939, Berlin, © Cité de la Musique
Affiche-programme de la représentation
de gala des Maîtres chanteurs de Nuremberg à
l'Opéra allemand de Berlin, le 17 novembre 1935, Cologne,
© Universität zu Köln - Theaterwissenschaftliche
Sammlung
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Le premier volet de l'exposition
examine la question du patrimoine musical, de son assimilation
par les représentants de l'avant-garde de Weimar,
et le processus de récupération des grandes figures
de l'histoire musicale dans le but de conforter la démarche
idéologique du régime national-socialiste.
Aux yeux de Joseph Goebbels, ministre de la Propagande, les grands
maîtres du passé incarnent la majesté du peuple
allemand. La question de la place conférée à
des compositeurs comme Bach,
Beethoven, Wagner et Bruckner revêt de ce point de vue une
importance cruciale.
Cette partie évoque
l'ambiguïté d'un amour commun pour une
même musique à laquelle Modernes et « officiels
» attribuent une valeur différente. Ainsi, un monde
sépare les sombres lithographies d'Oskar Kokoschka,
hommage visuel à la cantate O Ewigkeit, Du Donnerwort
de Bach, de l'hommage du peintre Edmund Steppes «
À Jean-Sébastien Bach », artiste reconnu et
admiré par Hitler.
La photographie Hitler devant le buste de Bruckner au Walhalla,
réalisée le 6 juin 1937 montre le Führer saluant
respectueusement le buste d'Anton Bruckner (réalisé
par Adolf Rothenberger), icône du régime nazi.
Le compositeur autrichien représente une figure récurrente
dans les discours d'Hitler. Ce dernier se complaisait en
effet dans une identification fondée sur une communauté
du sol (Boden) d'autant plus fondamentale à
ses yeux qu'il se sentait investi de la mission d'abolir
la monarchie austro-hongroise au profit d'un grand Reich
unissant l'Allemagne et l'Autriche. Hitler célébrait
également en lui l'humilité du petit paysan
en proie à l'ingratitude de la société
viennoise « corrompue ».
A partir de 1937, Arno Breker, nommé professeur à
Berlin et fort de ses réalisations pour les jeux Olympiques,
s'investit dans une mission de glorification de l'art
allemand. Il termine ce buste de Richard Wagner en 1939, après
avoir conçu ses sculptures pour le Zeppelinfeld de Nuremberg
et pour la cour de la Nouvelle Chancellerie à Berlin.
Breker prête un profil titanesque et promothéen au
compositeur, qui sera immortalisé par plusieurs sculptures,
dont un marbre gigantesque installé dans le Rosengarten
de Bayreuth. Hitler possédait lui-même un exemplaire
du buste en bronze.
L'affiche-programme de la représentation de gala
des Maîtres chanteurs de Nuremberg, le 17 novembre
1935 à l'Opéra allemand de Berlin célèbre
la réouverture solennelle du Deutsches Opernhaus.
Cette nouvelle production est dominée par l'intendant
Wilhelm Rode, à la fois interprète de Hans Sachs
et metteur en scène. Benno von Arent, artiste choyé
du régime, en signe les décors et les costumes.
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