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Une œuvre musicale

Le Grand Carnaval, 1928, Karl Hofer (1878-1955), © RMN

Une farce - pantomime

Le bœuf sur le toit  désigne  un ballet composé par Darius Milhaud  (1892-1974) en 1919, sous l’opus 58, créé deux ans plus tard, le 21 février 1920 au Théâtre des Champs-Elysées, à Paris.
Il remporte un immense succès.

C’est à cette époque que Milhaud se lie, « comme par amusement », au Groupe des Six.

L’écrivain Jean Cocteau (1889-1963), auteur de l’argument et proche du groupe, a imaginé une pantomime ou « farce » à la manière d’un spectacle de music-hall : les interprètes ne sont pas des danseurs mais des acrobates, des pitres.

Lors de la représentation du 21 février, les rôles sont tenus par les clowns  célèbres de l’époque,  les Fratellini.
Les décors ont été peints par Raoul Dufy (1877-1953).

Un souvenir du carnaval de Rio

De 1917 à 1918, Darius Milhaud séjourne au Brésil comme secrétaire d’ambassade de Paul Claudel. La musique qu’il entend le séduit : « la richesse rythmique, la fantaisie indéfiniment renouvelée… » laissent une empreinte profonde dans son œuvre, notamment dans ses suites pour piano Saudades do Brasil et dans son ballet Le bœuf sur le toit. Il emprunte son titre à une chanson brésilienne O boi no telhado (« Le bœuf sur le toit »).

Une partition haute en couleurs

La musique, animée, joyeuse  et fantaisiste, procède d’un collage de différents éléments et s’organise à la manière d’un rondo, forme musicale qui alterne couplets et refrain.

Un thème ouvre la partition et revient entre chaque air. Ce « refrain » est écrit sur un rythme de habanera :

Des airs populaires brésiliens réunis par Milhaud, des tangos, des maxixes, des sambas, constituent le matériau sonore. Ces « couplets « sont accompagnés, pour certains,  par le racle du guïro.

Les lignes mélodiques évoluent simultanément et indépendamment, à deux, trois, et même quatre tonalités : ce procédé d’écriture s’appelle « la polytonalité »et crée des effets de dissonance. Il donne l’impression que deux orchestres jouent en même temps des musiques différentes :

Un lieu mythique

Samba © D.R

Un cabaret

Lorsque le cabaret Le Gaya déménage en 1922 de la rue Duphot à la rue Boissy d’Anglas, dans le 8ème arrondissement de Paris, il est renommé par son propriétaire Louis Moysès, d’après le ballet de Darius Milhaud : « Le bœuf sur le toit ».

Ce lieu, devenu mythique, est  le lieu de rendez-vous des intellectuels parisiens de l’entre-deux guerres . On y croise notamment Jean Cocteau, Erik Satie, René Clair, Maurice Ravel… et c’est là que les plus grands compositeurs français du début du XXe siècle ont prêté l’oreille au jazz fraîchement débarqué (l’expression « faire le bœuf » est née ainsi !).

Des Concerts- Salades

Jean Wiener et Clément Doucet,  y proposent chaque soir leur célèbre duo de pianos. Avec la complicité de Cocteau, ils lancent une série de concerts fondés sur la diversité des expressions musicales : les « concerts-salades ».   Dans le même programme, le public peut entendre :

Des compositeurs du répertoire  « classique » , comme par exemple :

Des œuvres contemporaines  françaises et étrangères, comme par exemple :

Darius Milhaud :

Francis Poulenc :

Erik Satie :

Satie/Milhaud :

Maurice Ravel :

Stravinski :

Du jazz, comme par exemple :

Cole Porter :

Gershwin :

Dessin de Raoul Dufy, illustrant la partition Le bœuf sur le toit, 1919  © Eschig

Pour en savoir plus sur les œuvres

Consulter les informations sur les œuvres de Milhaud (leur date de composition, leur tonalité originale, le contexte de leur création...) et  la liste des documents qui leur sont attachés (concerts, enregistrements, partitions, livres) :

Pour aller plus loin...

Quelques ouvrages de références consultables en accès libre à la Médiathèque de la Cité de la musique :