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numéro d'inventaire :
E. 964.5.1
Facteur :
Henri Selmer (1858-1941)
Lieu :
Mantes-La-Ville, France
Date :
1940

Cette guitare est l’un des derniers instruments ayant appartenu à Django Reinhardt. Elle fut offerte au Musée de la musique par la veuve du grand guitariste en 1964. Ce don revêt un caractère d’autant plus exceptionnel que selon la tradition manouche, l’instrument d’un musicien décédé est brûlé.

Le jazz, dont les origines remontent à la culture afro-américaine au tournant du XXe siècle, apparaît en France vers 1930 avec le « swing et le « jazz manouche ». En 1932, le Hot Club de France organise des concerts et publie une revue qui fait connaître ce nouveau genre musical. Peu après se constitue le Quintette du Hot Club de France, dont Django Reinhardt et Stéphane Grappelli sont les leaders.
Jouant sur un nouveau modèle de guitare acoustique développé par la marque Selmer pour la musique de jazz, Reinhardt marque de son empreinte l’histoire de la guitare et s’impose comme un soliste exceptionnel.

A partir de 1932, la firme Selmer de Mantes-la-Ville produit une gamme complète de guitares conçu par le luthier et concertiste Mario Maccaferri, propre à satisfaire tous les styles de jeu de l’époque (classique, jazz, hawaïenne). Très innovantes du point de vue acoustique et ergonomique, ces guitares sont dessinées avec le plus grand soin et une marque de distinction. Après le départ de Maccaferri en 1934, l’atelier commercialise un nouveau modèle de guitare de jazz dit « à petite bouche », immédiatement adopté par Django Reinhardt et produit jusqu’en 1952.

L’instrument du Musée de la musique

Description

La guitare jazz à petite bouche est l’un des premiers modèles à comporter un « pan coupé », destiné à faciliter les déplacements de main gauche dans les aigus de l’instrument.
Le fond et les éclisses de l’instrument sont réalisés dans un contreplaqué de palissandre des Indes et la table est en bois résineux de qualité courante. Le fond et la table sont légèrement voûtés, en raison de la forme des barrages de renfort.
Le manche est en noyer, renforcé par trois barres longitudinales en duralumin (alliage léger et rigide d’aluminium) situées dans l’épaisseur du bois. Ces renforts ne permettent cependant aucun réglage ultérieur. Le manche raccorde la caisse au niveau de la 14e frette et la touche d’ébène comporte 21 cases.
Le chevalet, également en ébène, n’est pas collé sur la table. Chaque guitare Selmer était livrée avec un jeu de chevalets de différentes hauteurs pour pouvoir répondre aux exigences de chacun. Les cordes en acier sont fixées au moyen d’un cordier en métal embouti dont la découpe permet de changer rapidement une corde cassée. La longueur vibrante est de 675 mm.