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numéro d'inventaire :
E. 974.3.1.
Facteur :
Jean-Henry Hemsch (1700-1769)
Lieu :
Paris, France
Date :
1761

Les clavecins de Jean-Henry Hemsch se caractérisent par une construction extrêmement soignée. Seuls quatre de ses instruments signés nous sont parvenus.

Jean-Henry Hemsch

Né en Allemagne et baptisé le 21 février 1700 à Castenholz, près de Cologne, Jean-Henry Hemsch, émigre à Paris aux alentours de 1720. Il commence son apprentissage en 1728 dans l’atelier d’Antoine Vatter. Passé maître dans la corporation des facteurs d’instruments de musique, il devient juré comptable de la communauté en 1746 et compte parmi ses clients Alexandre Le Riche de La Pouplinière, fermier général et mécène de Jean-Philippe Rameau. Son inventaire après décès, dressé en 1769, décrit un atelier florissant au regard du nombre d’instruments terminés, en révision, en cours de fabrication ou de ravalement.

La Sonate en ré mineur BWV 964 composée pat Johann Sebastian Bach est jouée sur le clavecin Hemsch du Musée par Violaine Cochard lors du concert donné à la Cité de la musique le 18 mars 2014.

L’instrument du Musée de la musique

Histoire

Ce clavecin a été trouvé en 1974 dans un état proche de l’original, avec des transformations datant probablement de la fin du XVIIIe siècle : un jeu de luth ajouté et les sautereaux du grand jeu montés en peau de buffle. Restauré en 1977 par Hubert Bédard, il est désormais muni d’un fac-similé partiel de mécanique, réalisé en 1985 à la demande du Musée de la musique par l’atelier des Tempéraments Inégaux afin de préserver des pièces originales qui auraient été dégradées par le jeu de l’instrument.

Description

Ce clavecin comporte deux claviers avec accouplement à tiroir. Il est équipé de deux jeux de 8’ (huit pieds) et d’un jeu de 4’ (demi-longueur : quatre pieds), un jeu de luth est disposé sur le 8’ supérieur. L’étendue des claviers, de fa à fa (FF – f3) permet d’entendre 61 notes. La registration s’effectue grâce à des manettes, les sautereaux sont emplumés. Ce clavecin est accordé à 415 Hz.

Décors peints

Par sa facture et sa décoration, ce clavecin est particulièrement représentatif des instruments joués en France à cette époque. Il est posé sur un piètement de style Louis XV, son décor extérieur est à peinture noire avec bandes dorées. Les pourtours des claviers et de la table d’harmonie sont peints en rouge. Cette dernière présente un décor d’oiseaux, de fleurs et de rinceaux de style rocaille, ainsi qu’une rosace en métal doré portant les initiales du facteur. Un instrument portant une décoration extérieure similaire est représenté dans la célèbre aquarelle de Carmontel (Musée Condé, Chantilly) montrant Rameau composant, assis dans un fauteuil. L’intérieur du couvercle peint en gris laisse supposer qu’il s’agit d’une couche de préparation pour un tableau jamais réalisé.