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numéro d'inventaire :
E. 997.13.1
Auteur :
Jean-Marc Nattier(1685-1766)
Lieu :
France
Date :
1710
Daté et signé :
«1710/Nattier le Jeune»
Technique :
Huile sur toile
Dimensions :
131 x 99,5 cm (sans cadre)

Une œuvre de jeunesse

Ce tableau fait partie de la toute première période de production du peintre. Il présente un intérêt particulier dans la mesure où l’on connaît très peu de toiles antérieures à cette date signées de Jean-Marc Nattier, dont la production est plus souvent associée aux portraits de cour qui firent son succès dans les années 1740. Citons ceux de Mesdames, filles du roi Louis XV, dont le célèbre portrait de Madame Henriette jouant de la basse de viole – collection du château de Versailles.
Mais l’intérêt de ce tableau tient aussi en majeure partie à son iconographie et à la précision organologique qu’il observe.

Un duo de musiciens

Parfois intitulé Le Duo ou Les Musiciens, ce tableau est bien plus connu sous le titre La Leçon de musique. Or d’évidence la figuration induit moins une leçon de musique qu’un duo de musiciens dans lequel le violiste accompagne la chanteuse en lisant une partition qu’elle tient sur ses genoux. Sur ce recueil ouvert, qui comprend toutes les voix, la jeune femme désigne un passage à l’attention du violiste vers qui elle tourne son regard.

Violiste et viole de gambe

L’attitude du violiste est très finement observée et le degré de précision avec laquelle son instrument est peint a pu donner lieu à des tentatives d’identification. Le montage à sept cordes, le filetage autour des ouïes et de la table d’harmonie, le chevalet teinté de noir et le cheviller orné d’une tête sculptée d’homme barbu à chevelure bouclée ont laissé penser qu’il pouvait s’agir d’une viole de Michel Collichon, mais certains autres détails s’éloignant légèrement des caractéristiques de cette facture empêchent de l’affirmer avec certitude.

La partition

La partition que tient la jeune femme, en revanche, a été clairement identifiée : il s’agit de l’air On ne peut s’empêcher d’aimer, composé par Nicolas Bernier (1665-1734) et que publie Ballard en 1706. La mélodie, très fidèlement reproduite par le peintre, est un « air sérieux » (qui s’appuie sur un texte amoureux ou champêtre) dont le propos laisse toute possibilité d’interprétation galante : « Rien n’eft si doux, rien n’eft fi tendre : Suivons l’Amour, & laiffons-nous charmer ; Envain voudroit-on s’en défendre » ; la basse continue est chiffrée.