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numéro d'inventaire :
E.2010.5.1
Facteur :
Jean-Baptiste Jérémie Schweickart (1751-1819)
Lieu de fabrication :
Paris, France
Date de fabrication :
1784

Les orgues de salon réalisés au XVIIIe siècle sont extrêmement rares. Avec celui du musée de Bâle, cet orgue, particulièrement bien conservé, est le seul exemplaire connu de Schweickart.

À la fin du XVIIIe siècle cohabitent en France différents types d’instruments remplissant la fonction d’orgue de concert, utilisé dans la sphère privée et essentiellement dédié à un répertoire profane.

On doit cet exceptionnel orgue de salon à Jean-Baptiste Jérémie Schweickart, facteur d’origine germanique installé à Paris vers 1768. Si son nom est aujourd’hui tombé dans l’oubli, plusieurs sources de la fin du XVIIIe siècle le décrivent comme l’un des plus remarquables facteurs de son temps.

Les instruments de Schweickart, par l’utilisation de jeux de flûtes entièrement en bois, présentent une facture typique de l’Allemagne du Sud (d’où il était originaire).

Le Troisième Noël (Noël suisse), composé par Nicolas Séjan (1745-1819), est interprété par Jean-Luc Ho sur l'orgue de salon du Musée.

L’instrument du Musée de la musique

Histoire

Le comte d’Ogny, premier acquéreur de cet orgue, est l’un des fondateurs de la Loge et Société Olympique. Cette loge maçonnique de musiciens voit le jour en 1782 et est à l’origine de l’une des sociétés de concerts les plus importantes de l’époque. Elle commanda notamment à Haydn les six symphonies dites « parisiennes » (n° 82 à 87).

Description

Plusieurs choix opérés par le facteur montrent une grande maîtrise de son art : le clavier de piano, la transmission par vergettes métalliques et non en bois, l’utilisation exclusive du bois dans la réalisation des tuyaux. Les partis pris dans la registration (flûtes traversières, fifres…) dénotent une recherche de douceur de timbre, inspirée peut-être de celle des pianos qui étaient alors en vogue à Paris. En ce sens, l’orgue de salon de Schweickart apparaît comme une synthèse de l’art de la facture d’orgue et de celle du piano.

Par ailleurs, la composition de l’instrument, la disposition de la tuyauterie, le choix du mécanisme, le positionnement du clavier et surtout le jeu de basson en bois marquent une indéniable similitude avec les instruments décrits par Dom Bedos de Celles dans L’Art du facteur d’Orgue (1766-1778). Il s’agit du seul instrument connu répondant aux indications de cet ouvrage.