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numéro d'inventaire :
E.375
Facteur :
Nicolas Grobert (1794-1866)
Lieu de fabrication :
Paris, France
Date de fabrication :
Vers 1830

Prêtée à Paganini par le grand luthier Jean-Baptiste Vuillaume au cours du second séjour du violoniste à Paris, cette guitare fut ensuite donnée à Berlioz. Guitariste et grand admirateur du virtuose italien, Berlioz en fit don, en 1866, au Musée instrumental du Conservatoire dont est héritier le Musée de la musique.

Après la Révolution française, la guitare connaît une évolution significative : son corps devient moins allongé, plus galbé, l’instrument passe des cordes doublées aux cordes simples, et de cinq à six cordes. Cette évolution organologique n’est pas sans lien avec la vogue du « retour à l’antique » qui, sous le Premier empire, entraîna la réalisation de « lyres » à six cordes. Ces instruments n’apportaient rien de nouveau sur le plan de la sonorité, mais introduisaient une sixième corde que les luthiers de guitare adoptèrent.

La Romance de la Grande Sonate pour guitare en La majeur MS 3 de Niccoló Paganini est interprétée par Philippe Villa

L’instrument du Musée de la musique

Histoire

La table d’harmonie comporte les signatures autographes de Niccoló Paganini et d’Hector Berlioz. On ne connaît pas les circonstances exactes qui ont amené les deux musiciens, qui se connaissaient et s’appréciaient, à apposer leurs signatures sur l’instrument ; il n’est pas non plus certain qu’ils signèrent en même temps. Il est en revanche évident que l’un et l’autre fréquentèrent Jean-Baptiste Vuillaume, chez qui Grobert fut pour un temps ouvrier-luthier.

Description

L’instrument est signé par une marque au fer apposée à l’intérieur de la caisse, sur le tasseau du manche : « Grobert / à Paris ». La caisse est en palissandre, les éclisses en bois massif, le fond en plaquage sur un bois résineux. La table d’harmonie en épicéa est sobrement décorée de filets noirs (fanon de baleine) et blancs (ivoire). Le manche et le cheviller sont plaqués d’ébène.

État de jeu

Il ne s’agit pas d’une guitare luxueuse, mais plutôt d’un instrument courant, d’une grande qualité de facture, tel que les apprécient les musiciens professionnels. La restauration de l’instrument et sa remise en état de jeu ont permis de constater sa grande qualité de sonorité.