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numéro d'inventaire :
E. 983.14.1
Facteur :
Bernard (1917-) et François (1921-2014) Baschet
Lieu de fabrication :
Paris, France
Date de fabrication :
1980

À la jonction des mondes plastique et sonore, l’œuvre des frères Baschet est le fruit d’une recherche esthétique formelle et sonore menée en considération de la fonction sociale de l’art et de la participation du public.

En 1952, Bernard Baschet, formé à la musique concrète de Pierre Schaeffer, entreprend avec son frère François, sculpteur, des recherches acoustiques. Ils développent principalement deux types d’objets : les sculptures sonores et les structures sonores. Les sculptures sonores sont des objets-sculptures destinés aux musées, aux galeries d’art ou s’inscrivant dans des projets architecturaux (fontaines, beffrois...). À l’inverse, les structures sonores sont avant tout des instruments destinés aux musiciens.

Consacrant les premières années de leur association à une recherche fondamentale en acoustique, ils s’intéressent particulièrement à un principe permettant le rayonnement dans l’air des vibrations des métaux. Ce principe présente pour eux le double intérêt de produire des sonorités à résonances modernes, usitées dans la musique contemporaine depuis Edgard Varèse, et de n’avoir jamais été systématiquement exploité en facture instrumentale. L’aspect le plus remarquable de cette innovation est la mise au point d’un système acoustique dont les sons s’approchent de l’électro-acoustique, sans recours ni à l’électricité ni à l’électronique.

Véritables synthétiseurs acoustiques, les structures sonores sont conçues sur le principe du meccano. Elles sont constituées d’éléments interchangeables tels que des barres et des plaques de métal, des vessies de plastique gonflables, des cônes d’acier inoxydable, des cordes de piano, des ressorts, etc. Chaque combinaison de ces différents éléments produit un son particulier.

Un récipient en verre contenant de l’eau est accroché à la structure du Cristal Baschet. Le musicien avec ses doigts mouillés frotte les tiges de cristal (jouant le rôle d’archet), qui mettent ainsi en vibration les axes métalliques. Les ondes sont ensuite propagées dans l’air grâce à des résonateurs : cônes de plastique, feuilles de métal, tiges métalliques. Le Cristal continue aujourd’hui d’être perfectionné grâce à un échange constant entre inventeur et interprète. Il a été utilisé aussi bien dans la musique contemporaine que pour le cinéma comme par exemple dans le film La Marche de l’empereur.

Catherine Brisset interprète Rapsodie de Budapest (arrangement de Catherine Brisset) sur le cristal du Musée.

L’instrument du Musée de la musique

Description

Mis au point dans les années cinquante, le modèle acquis par le musée a été fabriqué par Bernard Baschet en 1980. Une rangée de 56 tiges de verre, soit une étendue de 4 octaves et demie, est encastrée dans une plaque de métal. Une grande feuille en acier inox conique pliée à la main et deux cônes en fibres de verre ainsi qu’un réseau de tiges métalliques servent d’amplificateurs.

État de jeu

Cet instrument a été joué et enregistré à plusieurs reprises.