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numéro d'inventaire :
E.149
Facteur :
Anonyme
Lieu de fabrication :
Italie
Date de fabrication :
Milieu du XVIe siècle

Cet instrument à l’esthétique saisissante possède la forme sinueuse d’un serpent de sorte à raccourcir la longueur d’ensemble et à permettre d’en faciliter le jeu.

À l’origine, le cornet était fabriqué dans une corne animale. Il est possible que son nom vienne de l’italien bocca (bouche) en référence à son embouchure ajoutée, comme sur les trompettes. La période de jeu du cornet s’étend du XVe au XVIIe siècle – voire jusqu’au XVIIIe siècle

Traditionnellement, deux pièces de bois d’arbre fruitier sont collées l’une contre l’autre pour former le conduit des cornets. Un nerf de bœuf est utilisé pour assurer l’étanchéité et l’instrument est fréquemment recouvert de cuir – comme c’est le cas pour cet exemplaire.

Son principe de fonctionnement est le même que les cuivres. Il sonne comme une trompette assez douce.

Présentation du cornet à bouquin par Joël Dugot, conservateur au Musée de la musique.

L’instrument du Musée de la musique

Description

Le corps octogonal de l’animal est percé de sept trous (dont un destiné au pouce). L’espacement entre les trous affectant la maniabilité de l’instrument, le dernier trou a été bouché et repercé à un emplacement plus accessible. L’originalité de cette forme ainsi que la qualité de la facture sont exceptionnelles.

Ce cornet présente en outre la particularité d’avoir une tessiture grave, ce qui pourrait l’apparenter au « serpent », souvent considéré comme une basse de cornet. L’absence de ton de rechange, la position du trou prévu pour le pouce près de l’embouchure, l’encastrement de celle-ci et la taille de la colonne d’air (inférieure de moitié à celle d’un serpent) concourent néanmoins à la caractérisation d’un cornet à bouquin.

Décor

Double « S » étiré se retournant pour finir en tête de dragon, cet instrument recouvert de cuir peint présente des dorures et de fines rayures rouges destinées à rendre les plissures de la peau d’un serpent. La tête du dragon, taillée dans un bloc de bois collé au corps, comporte des oreilles sculptées, des cornes en véritable corne et des dents pointues probablement en ivoire. Une petite cavité à la base du palais laisse penser qu’une langue en métal devait se trouver dans la bouche du dragon.