> Collections du Musée > Les incontournables du Musée
 
numéro d'inventaire :
E.977.11.1
Facteur :
Vincent Tibaut (1647-1691)
Lieu de fabrication :
Toulouse, France
Date de fabrication :
1691

Longtemps mésestimée faute de sources tangibles, la facture française de clavecins du XVIIe siècle fut effacée par le prestige des factures flamandes et italiennes. Des études récentes permettent néanmoins de porter un nouveau regard sur la facture française du Grand siècle, dont ce clavecin est l’un des rares témoins non transformé.

Vincent Tibaut naît vers 1647 à Coyron, près de Nantes. Il obtient son brevet de menuisier à Toulouse en 1973 et s’installe dans la Ville rose. Les archives ne font à aucun moment état de son métier de facteur d’instruments, mais le mentionnent toujours comme ébéniste.

La Chaconne de Phaeton de Lully composée par Jean Henry d'Anglebert (1629-1691) est interprétée par Christophe Rousset sur le fac-similé du clavecin de Vincent Tibaut.

L’instrument du Musée de la musique

Histoire

Des trois instruments répertoriés de Vincent Tibaut, ce clavecin est le seul dont les caractéristiques morphologiques soient restées telles qu’à l’origine. Il a néanmoins beaucoup souffert de son séjour prolongé dans le grenier de cette maison. Construit dix ans après les deux autres, il témoigne d’une évolution certaine du travail du luthier. Il fait vraisemblablement partie des derniers instruments du luthier.

Description

La caisse est constituée d’éclisses en noyer et d’un fond en deux parties assemblées de sapin. Les sillets et les chevalets (en poirier) sont moulurés à l’italienne. Les claviers sont inversés : les touches naturelles sont en ébène avec des fronts de touches sculptés en motif trilobé, tandis que les touches feintes sont en os massif. La ceinture du piètement est plaquée en noyer et les huit pieds torsadés sont également en noyer.

État de jeu

Remettre cet instrument en état de jeu et de présentation aurait impliqué des interventions très lourdes risquant de faire disparaître à tout jamais des informations primordiales pour la compréhension historique, technique et musicale de cette époque. Le Musée de la musique a donc décidé de le conserver tel qu’il a été trouvé en 1977 afin de ne pas altérer les informations qu’il peut encore transmettre. Un fac-simile de l’instrument a été réalisé par Émile Jobin.