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numéro d'inventaire :
E.318
Facteur :
Anonyme
Lieu de fabrication :
France
Date de fabrication :
Fin du XVIIIe siècle

Mozart composa un quintette pour glass harmonica, flûte, hautbois, alto et violoncelle, Marie-Antoinette en jouait, et Franz Anton Mesmer l’utilisait pour « mettre en transe ses patients » : dans les années qui suivirent son invention, l’harmonica de verre était indéniablement apprécié et suscitait l’intérêt de nombreuses personnalités.

Le glass harmonica est formé d’un nombre variable de bols en cristal, en verre ou en quartz, soufflés par un maître-verrier, généralement entre 20 et 54. Leurs diamètres déterminent la fréquence (la hauteur de la note). Un bouchon en liège percé est placé en leurs fonds et les bols sont enfilés sur un axe métallique. Emboîtés sans contact entre eux selon un ordre chromatique, ils sont mouillés lors de leur passage dans une caisse remplie d’eau et entrent en vibration au contact du doigt. Des repères peints sur ces bols expliquent peut-être une autre cause de méfiance à l’égard de l’instrument, la peinture au plomb ayant pu être à l’origine de cas de saturnisme. Selon les mots de Métastase, qui décrit l’instrument dans sa correspondance en 1772 : « l’habile exécutante touche les coupes à mains nues comme si c’était le clavier d’un clavecin ou d’un orgue, et en tire un son d’une extrême suavité. »

En 1743, l’Irlandais Richard Puckeridge invente l’orgue angélique ou séraphin. Il s’agit d’un ensemble de verres plus ou moins remplis d’eau qui, frottés avec les doigts, produisent des sons sur une amplitude de trois à quatre octaves et demi. Moins de vingt ans plus tard, en 1761, Benjamin Franklin s’intéresse à l’instrument, change le diamètre des bols de cristal et les monte sur un axe à rotation horizontale. Au début du XIXe siècle, l’harmonica de verre est accusé de provoquer toutes sortes de traumatisme psychique et acquiert mauvaise réputation – il est même interdit dans certaines villes d’Allemagne. Redécouvert dans les années 1960, il possède aujourd’hui un répertoire non négligeable et les compositeurs continuent d’écrire pour l’instrument.

Thomas Bloch interprète Kleine Tonstücke : grave - commodetto de Karl Leopold Röllig sur le glassharmonica de Gerhard Finkenbeiner, Etats-Unis, 1988 (collection particulière).

L’instrument du Musée de la musique

Description physique

L’instrument du musée de la musique est en palissandre et comporte 31 coupelles de verre (ambitus légèrement inférieur à trois octaves).

État de jeu

Un certain nombre de bols étant brisés, il n’est pas en état d’être joué.