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numéro d'inventaire :
E.998.10.1
Facteur :
Reynaldo Gutierrez
Lieu de fabrication :
Veracruz, Mexique
Date de fabrication :
Vers 1950

Fréquemment utilisé par les compositeurs contemporains, le marimba est un instrument dont les origines sont liées au trafic d’esclaves africains vers l’Amérique centrale où il est aujourd’hui, notamment dans les orchestres populaires, un instrument de première importance.

Ses points communs avec nombre de xylophones africains et son nom marimba, qui désigne en Angola ou au Mozambique le même type d’instruments, attestent son origine africaine. Présent au Guatemala dès la fin du XVIIe siècle, il est proclamé instrument national en 1921, lors de la célébration de l’indépendance du pays. Il devient chromatique à la fin du XIXe siècle et certains instruments actuels possèdent jusqu’à sept octaves.

Il n’est pas rare qu’un marimba soit joué par deux exécutants ou plus (jusqu’à cinq). Chacun de ces musiciens, debout, tient une ou deux fines mailloches dans chaque main. L’extrémité de ces mailloches est recouverte d’une masse de gomme plus ou moins ferme, selon qu’elles sont destinées à frapper des lames graves ou aiguës. Un fin ruban végétal recouvre et maintient la gomme à l’extrémité de chaque baguette.

Agustin Lara au marimba, enregistré lors d’un concert donné à la Cité de la musique en octobre 2000.

L’instrument du Musée de la musique

Description

Réalisé dans les années cinquante par l’un des plus célèbres facteurs mexicains de l’époque, ce marimba est constitué de deux claviers emboîtables ; l'un comportant 39 lames diatoniques et l'autre légèrement surélevé, correspond aux altérations chromatiques (touches noires du piano) et possède 27 lames. L'ensemble de ces deux éléments offre une étendue chromatique de 5 octaves et demi. Les lames sont disposées sur deux châssis en bois et sont maintenues en suspension grâce à une cordelette tendue qui les traverse aux deux extrémités. Elles peuvent ainsi vibrer sans aucun étouffement au-dessus de résonateurs en bois qui en amplifient le son.

Cet instrument de deux mètres soixante de long est joué par trois musiciens qui se partagent l’ensemble de la tessiture du clavier. Le premier instrument chromatique de ce type fut réalisé au Guatemala en 1894.

Inspiré du xylophone africain, ce marimba possède sous chaque lame un long résonateur de bois qui a remplacé la calebasse. Comme pour son homologue africain, chaque résonateur est muni à son extrémité inférieure d’un petit mirliton dont la fine membrane remplaçable est fixée à l’aide de cire (mise en branle par la vibration sonore, cette membrane apporte une résonnance nasillarde).