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numéro d'inventaire :
E.995.17.1
Facteur :
Auguste Sébastien Bernadel, dit Bernadel père (1798-1870)
Lieu de fabrication :
Paris, France
Date de fabrication :
1834

Contemporain de la Symphonie fantastique de Berlioz, cet alto est représentatif du renouveau de l’instrument dans la musique symphonique de la première moitié du XIXe siècle.

Né à Mirecourt, Bernardel quitte les Vosges très jeune pour travailler auprès de Nicolas Lupot, célèbre luthier de la capitale. Il entre ensuite dans l’atelier de Charles-François Gand, dit « Gand-père » lui-même élève et gendre de Lupot. À partir de cette époque, les familles Gand et Bernardel sont étroitement liées. Installé à son compte en 1826, il s’impose rapidement comme l’un des meilleurs luthiers de Paris.

Le premier mouvement des Märchenbilder opus 113 de Schumann est interprété par Jean-Pierre Vasseur sur l’alto de Bernardel et par Remy Cardinale sur un piano Erard. Ce cycle, composé en 1851, est légèrement postérieur à la fabrication de l’alto Bernardel.

L’instrument du Musée de la musique

Description

Cet alto de 38,8 cm. est couvert d’un vernis marron-rouge très sombre. Le « fonds de bois » (préparation du bois avant l’application du vernis coloré) est jaune soutenu tirant vers le vert, et le bois semble avoir été bruni artificiellement. Le fonds est constitué d’une pièce d’érable taillée sur couche profondément ondée, les éclisses ont des ondes également larges et profondes, assorties à celles de la tête. La table est en deux pièces symétriques d’épicéa. Si le contour et les ouïes sont sensiblement inspirés de Stradivarius, la voûte de table a un profil longitudinal en arc de cercle et une poitrine très aplatie au niveau des trous supérieurs des ouïes. La tête est très dégagée dans son profil par une gorge largement échancrée ; le chanfrein est épais et peint en noir.

Un peu usé au milieu du fond, le vernis a été retouché sur de petits éclats. Il couvre encore l’intégralité de l’instrument et est très proche de son état premier, mais une observation aux rayons UV montre un film laiteux sur tout l’instrument correspondant probablement à un tamponnage à l’alcool pour « faire briller ». Celui-ci a cependant été suffisamment léger pour ne pas éclaircir la couleur.

État de jeu

L’instrument a été joué dans l’aigu, de petites usures provoquées par l’ongle du pouce sont visibles sur la table. Le manche est d’origine mais la touche est récente, ainsi que le montage.