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numéro d'inventaire :
E.1217
Facteur :
Bartolomeo Giuseppe Guarneri, dit Guarnerius del Gesú (1698-1744)
Lieu de fabrication :
Crémone, Italie
Date de fabrication :
1742

« Modèle de génie, véritable jet brut de l’imagination de son auteur » (E. Vatelot), ce violon appartient à la dernière période créatrice de Guarnerius. Certains spécialistes le considèrent comme l’un des neuf meilleurs instruments de Guarneri del Gesù. L’instrument a été classé monument historique en 1943.

La brève carrière (vingt ans environ) du dernier fils d’Andrea Guarneri laisse une production limitée, qui était destinée à une clientèle modeste. Très indépendant, fantaisiste et irrégulier, il se libère vite de l’influence de ses grands prédécesseurs. Le dessin des coins, les ouïes, leur symétrie, l’épaisseur des filets et leur incrustation varient d’un instrument à l’autre, accusés par les coups de gouge ou de canif.

La Sonate n° 1 en sol mineur BWV 1001 pour violon seul de Johann Sebastian Bach (1685-1750) est interprétée sur  le « Alard » par Pierre Amoyal.

L’instrument du Musée de la musique

Histoire

À l’annonce de la mort de Luigi Tarisio, propriétaire du violon, Jean-Baptiste Vuillaume part en Italie toutes affaires cessantes afin d’acquérir l’instrument. Il offre plus tard l’instrument à son gendre, Delphin Alard (1815-1888), professeur au Conservatoire de Paris. Violoniste admiré par Berlioz, grand quartettiste, soliste à la Société des concerts du conservatoire et pédagogue reconnu, Alard préférait ce violon à tous ses autres instruments.

Description

Construit dans une période mouvementée, à la fin de la vie du luthier, l’instrument du Musée reflète tout autant le tempérament indépendant que le génie créateur de Guarneri. La table est creusée dans un bois d’épicéa aux veines régulières, le fond est en une pièce d’érable aux ondes larges descendantes vers la droite. L’éclisse supérieure est anciennement d’une pièce, l’éclisse inférieure en deux pièces aux ondes opposées. La tête et les pointes des éclisses présentent des chanfreins noircis. Le vernis orange est très bien conservé.

État de jeu

L’instrument n’ayant eu qu’un seul propriétaire avant son arrivée à Paris, il se trouve aujourd’hui dans un état exceptionnel de conservation. Un fac-similé a été réalisé en 1998 par les luthiers Eric Lourme, François Denis et Frédéric Chaudière.