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numéro d'inventaire :
E.999.15.1
Facteur :
Jean-Baptiste Voboam (après 1671 - après 1731)
Lieu de fabrication :
Paris, France
Date de fabrication :
1708

La famille Voboam a exercé pendant plus de quatre-vingt-dix ans à Paris, contribuant à fixer les canons de la guitare parisienne de l’époque baroque, notamment dans ses proportions et dans ses principes décoratifs. Les peintres du XVIIIe siècle, tel Watteau, ont laissé de nombreuses toiles mettant en scène ces instruments, qu’entoura, au long du Siècle des lumières, une faveur non démentie.

Au milieu du XVIIe siècle, l’engouement pour la guitare prend une ampleur sans commune mesure, et ce à Paris comme à Versailles. Devant l’ampleur de la demande, les luthiers peuvent se spécialiser, et parfaire la réalisation exclusive de ce type d’instruments.

Couvrant une période exactement contemporaine de cette vogue de la guitare, quatre facteurs du nom de Voboam ont exercé entre 1640 et 1731. Bien que l’on découvre régulièrement des instruments portant leur signature ou réunissant leurs caractéristiques, leur catalogue raisonné dépasse à peine la trentaine d’instruments.

Sur la guitare Voboam, Vincent Dumestre joue Jacaras, pièce composée par Antonio de Santa Cruz en 1694, extraite du Libro donde se veran pazacalles de los ochotonos i de los transportados (1690-1710).

L’instrument du Musée de la musique

Histoire

Un dessin au pastel conservé dans la famille du dernier possesseur représentait (vraisemblablement aux alentours de 1900) Mlle de Rochefort, épouse Sibire, et Mlle Hortense Sibire, future épouse du Buisson. La première tient cette guitare dont le sillet, prévu pour le passage de six cordes, date probablement de la même époque.

Description

Le fond est formé de six bandes en if ou en cèdre et décoré de larges filets à trois brins d’ivoire et d’ébène. Les éclisses sont en bois de violette, à deux filets d’ivoire. La table est en épicea au grain très serré. Les bords de la table, de la touche et de la rose sont décorés d’une pistagne où alternent l’ivoire (ou l’os) et l’ébène, d’un filet alterné et brisé, cerné par trois doubles filets. La rose est étagée en parchemin découpé et doré à motif d’étoile à six branches. Le revers du manche est plaqué de bois de violette et de filets d’ivoire convergeant sur le talon. La touche est en ébène, des frettes en ivoire y ont été incrustées ultérieurement. Le cheviller en bois dur est aussi décoré de pistagne. Il porte un cartouche d’ivoire de forme rectangulaire indiquant le nom du facteur et la date de réalisation.