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Shéhérazade

 

Shéhérazade est une suite symphonique composée, en 1888, par Rimski-Korsakov, musique sur laquelle Michel Fokine créé, le 4 juin 1910, une chorégraphie pour les Ballets russes, avec Nijinski dans un des rôles principaux, et des décors et costumes de Léon Bakst.

Une œuvre revisitée par les Ballets russes

Programme des Ballets russes édité par « Comoedia Illustré », 1914. copyright GallicaProgramme des Ballets russes édité par « Comoedia Illustré », 1914.  © Gallica

Le ballet Shéhérazade monté par les Ballets russes laisse de côté tout une partie de l’œuvre originale du compositeur, et n’en montre, lors de la première de 1910, qu’une compilation. À tel point que Diaghilev doit répondre aux ayant-droit de Rimski-Korsakov, en leur adressant une lettre ouverte dans un quotidien de Saint-Pétersbourg. Il s’y justifie en expliquant que sa compagnie n’a pas pour vocation à simplement illustrer respectueusement les œuvres de compositeurs disparus. Elle fait œuvre nouvelle avec audace et résolution. Les œuvres du passé se métamorphosent alors : « Défendre les droits des auteurs ne devrait pas signifier s’élever contre tout phénomène artistique les concernant, quand la nouveauté de l’idée et la hardiesse de l’exécution sont les seuls reproches qu’on puisse faire à ces phénomènes » (article publié le 10 septembre 1910, dans le quotidien Rech). Il s’agit en effet d’une œuvre appréciée par le public pour son exotisme séduisant. Cocteau nous raconte, en 1913, l’impression générale que ce ballet fit sur le public : « Alors on vit paraître tout un cortège rituel. Il y avait des musiciens qui tiraient des hautes cythares ovales d’amples accords, mous comme des respirations de reptiles. Et des flûtistes au geste anguleux qui soufflaient hors de leurs tubes sonores des vrilles si volubiles, si aiguës, si ascendantes et descendantes tour à tour, qu’elles devenaient à peine supportables pour les nerfs ».

Histoire

Costume de Léon Bakst : l’Enuque de Shéhérazade. copyright BnfCostume de Léon Bakst : l’Enuque de Shéhérazade © Bnf

Le roi de Perse tue les jeunes femmes qu’il épouse. La jeune Shéhérazade, fille aînée du grand Vizir, lui raconte chaque soir une histoire qui le tient en haleine suffisamment pour qu’il n’ait pas envie de la tuer. Il désire en effet à chaque fois connaître la fin de l’histoire captivante que lui raconte la jeune femme. Ce sont les fameux contes des Mille et une nuits. Shéhérazade  réussit ainsi à retenir l’attention du roi durant les nuits de trois années consécutives ! Le roi, séduit, finit par la garder auprès de lui. 

L’histoire de Shéhérazade vue par Rimski-Korsakov

Costumes de Léon Bakst du ballet Schéhérazade, 1910.copyright BnfCostumes de Léon Bakst du ballet Schéhérazade, 1910.  © Bnf

Rimski-Korsakov s’inspire de cette histoire pour son œuvre musicale. Il illustre le récit exotique de Shéhérazade en choisissant avec soin les thèmes et les instruments qui dépeindront chacun des mouvements :

 I. La mer et le vaisseau de Simbad (Largo e maestoso - Allegro non troppo)

II. Le récit du prince Kalender (Lento - Andantino - Allegro molto - Con moto)

III. Le jeune prince et la jeune princesse (Andantino quasi allegretto - Pochissimo più mosso - Come prima - Pochissimo più animato)

IV. Fête à Bagdad - La Mer - Le Vaisseau se brise sur un rocher surmonté d’un guerrier d’airain (Allegro molto - Vivo - Allegro non troppo maestoso)

Dans le premier mouvement La mer et le vaisseau de Simbad, le violon solo jouant des notes aiguës et accompagné par la harpe représente Shéhérazade elle-même, qui s’apprête à raconter une histoire. Ce motif revient de manière récurrente tout au long de l’œuvre, car la conteuse tient le rôle principal. La mer est figurée par les arpèges des cordes. Dans le deuxième mouvement, le thème de Shéhérazade est à nouveau entendu, car la jeune femme va raconter cette fois une autre histoire, celle du Prince Kalender. Le thème du prince est annoncé par le hautbois, le basson, les cordes puis par tout l’orchestre. Un second thème est entendu au centre du mouvement, joué cette fois par les cuivres : il s’agit d’un thème martial, conquérant. Le thème du prince est ensuite réentendu, cette fois à la clarinette. Les deux thèmes sont alternativement utilisés par le compositeur, jusqu’à un crescendo final de tout l’orchestre. Le troisième mouvement Le jeune prince et la jeune princesse est plus romantique. Après le tutti de l’orchestre, le thème de Shéhérazade est entendu encore une fois. Le quatrième mouvement fait réentendre les différents thèmes exposés dans les autres mouvements.

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