Bruno Mantovani
Une formation très complète
Bruno Mantovani © C. Daguet / Editions Henry Lemoine
Mantovani reçoit une formation plus complète que Strauss, Rameau, Vivaldi, etc. : l’accumulation des connaissances est souvent la condition pour devenir compositeur aujourd’hui. Il étudie au conservatoire de Perpignan dans les classes de piano, percussion et jazz avant d’entrer au Conservatoire National Supérieur de Paris à 19 ans, où il remporte cinq premiers prix (en analyse, esthétique, orchestration, histoire de la musique et composition. Le premier prix du Conservatoire national supérieur de musique - de Paris ou de Lyon – récompense la fin des études musicales en France.). Il se perfectionne ensuite en composition avec Guy Reibel (compositeur réputé dans le domaine électroacoustique ; il est ingénieur en électronique.) et obtient une maîtrise de musicologie. Ces études brillantes s’achèvent par une session de composition à l’Abbaye de Royaumont (cette abbaye a été transformée en salle de concert et elle est devenue un centre culturel de première importance.) et un cycle de perfectionnement en composition et informatique musicale à l’IRCAM (Institut de recherche et de coordination acoustique/musique. Célèbre institution créé par Pierre Boulez (voir « Boulez ») en 1969, vouée à la recherche musicale et tournée vers les technologies d’avant-garde. Il est rattaché au Centre Georges Pompidou.) à 24-25 ans.
Un succès immédiat
Abbaye de Royaumont © D.R.
Bruno Mantovani devient rapidement un compositeur de tout premier plan, comme l’atteste le nombre d’ensembles (dont l’Ensemble intercontemporain, créé par Pierre Boulez en 1976.), d’orchestres (dont les orchestres de Paris, de la Scala de Milan, du Concertgebouw d’Amsterdam.), de chefs (dont Pierre Boulez ou Laurence Equilbey.) et de solistes (dont le pianiste Michel Dalberto ou la chanteuse Barbara Hendriks.) qui l’interprètent, la variété des salles (les opéras de Milan et de Naples, Carnegie Hall et le Lincoln Center à New York, la Cité de la musique, la salle Gaveau, et le théâtre des Champs Elysées à Paris.) où il est joué. Ses œuvres, qu’elles soient enregistrées ou pas, sont souvent récompensées (prix de la SACEM, récompenses de revues et d’académies du disque…). Sa présence à de nombreux festivals, les invitations (dont cinq mois en Allemagne, deux années à Rome à 30-31 ans.) qu’il reçoit, les bourses (dont celle de l’Académie des Beaux-arts.) qu’il se voit accorder sont le reflet d’une présence reconnue dans le paysage des compositeurs français.
Bruno Mantovani © Guy Vivien
S’appuyant sur une technique solide, Bruno Mantovani compose des œuvres très diverses : la cinquantaine d’œuvres que comporte son catalogue comporte aussi bien des pièces pour instrument soliste qu’un opéra.
A retenir
- Mantovani réalise un parcours très brillant et complet (l’apprentissage d’un instrument (et uniquement cela) avec son père, comme le firent Vivaldi ou Rameau est bien loin !), à l’image d’une nouvelle génération de compositeurs.
- Sa musique peut être un reflet du monde dans lequel il vit (la musique de Vivaldi dans Les quatre Saisons ou de Rameau dans certaines pièces de clavecin trois siècles auparavant peut être imitative. Mais la rue n’y est que très rarement considérée comme objet d’inspiration.), comme dans Streets.
- Il compose pour tous les genres, du soliste aux plus grands ensembles (dont un opéra très récemment), à l’inverse de très nombreux de ses prédécesseurs (Strauss se consacre à la valse, Lully à la tragédie lyrique, à la comédie-ballet principalement et à la musique religieuse essentiellement, Vivaldi au concerto et à l’opéra essentiellement, etc…).