Beethoven : Allegretto (extrait de la Symphonie n°7)
Composition et création
Beethoven
composant, Wilhelm Fassbender © Beethoven-Haus, BonnBeethoven compose la 7ème Symphonie (Beethoven l’appelle « La Grande », par comparaison avec la 8ème, plus courte. Elle est dédiée au baron Moritz von Fries, un banquier fortuné attaché à Beethoven jusqu’à sa banqueroute en 1825 (il ne reste alors plus que quelques mois de vie à Beethoven). Les premières esquisses semblent être de six ans antérieures) en même temps que la 8ème Symphonie. Il a 42 ans. L'œuvre est créée lors d’un concert donné à l’initiative de l’ingénieur Mälzel (Joannn Nepomuk Mälzel (1772-1838), inventeur du métronome. Il fabrique pour Beethoven des instruments permettant de remédier à sa surdité.) au profit des victimes de la guerre (la bataille de Hanau (ou de Leipzig) survenue moins de deux mois auparavant, compte beaucoup de blessés et de morts chez les Bavarois et Autrichiens opposés à l'armée de Napoléon.). Beethoven s’engage par ailleurs à écrire pour la circonstance une œuvre célébrant la récente bataille de Vitoria (défaite de Napoléon contre Wellington, le 21 juin 1813.), qui peut aussi être entendue sur le tout nouveau panharmonicon (instrument mécanique de grande taille inventé en 1804, qui comportait 42 instruments actionnés automatiquement. Le dernier modèle existant a été détruit en 1942 lors d’un bombardement.) inventé par Mälzel. Le succès (un succès qui doit beaucoup à La bataille de Vitoria, d’un grand effet, et surtout très patriotique. Les Autrichiens, humiliés par Napoléon, apprécient énormément la victoire de Wellington sur Napoléon en Espagne, survenue six mois plus tôt. Elle signe le début du reflux de la puissance napoléonienne en Europe. Salieri, Hummel, Schuppanzigh, Spohr étaient présents à ce concert.) du concert et immense, malgré une direction un peu hasardeuse (la surdité de Beethoven s’est alors bien aggravée. Ludwig Spohr témoigne : « Le merveilleux deuxième mouvement a séduit l’auditoire. L’interprétation fut absolument magistrale, malgré la direction de Beethoven à la fois confuse et comique. On s’apercevait clairement que le pauvre maître presque totalement sourd, n’entendait plus les passages piano de sa propre musique ». Il semble qu’il ait 10 à 12 mesures d’avance sur l’orchestre dans le premier mouvement.) de Beethoven, et l’Allegretto de la 7ème Symphonie est bissé en entier. Le programme est rejoué quatre jours plus tard avec un égal succès. Beethoven, qui cultive pourtant la difficulté dans ses œuvres, paraît satisfait de ce succès populaire, et déclare : « Il est certain qu’on écrit mieux quand on écrit pour le public, et il est certain qu’on écrit plus vite ».
Description de l'œuvre
La Septième Symphonie, comme la Troisième et la
Cinquième, donne au rythme
une place de première importance, sans lui attribuer
toutefois de
sens (le rythme très
prégnant de la 5e Symphonie exprimait le destin, celui de
la 3e Symphonie célébrait l’héroïsme.) particulier.
Son omniprésence transforme le IIe mouvement, habituellement
lent, en un
Allegretto (rythme plus lent qu’Allegro, mais plus vif que l’Andante
habituel.), aux accents de marche funèbre. Il adopte la forme ABABA :

A (voir le guide d’écoute): les cordes y
jouent le rôle principal. La progression culmine dans la
3ème variation, fortissimo (ff).
B : les vents jouent le rôle principal.
A : 4ème variation, avec le thème joué aux cordes
et le contre-chant aux vents. La 5ème variation est un
fugato (cette variation a
l’apparence d’un début de fugue.), avec des entrées du
thème aux différents pupitres toutes les quatre mesures aux
cordes. Elle débouche sur le tutti de l’orchestre, proche de
celui de la 3ème variation.
B : réexposition partielle
coda : le thème est fragmenté, faisant penser à
la fin de l’Ouverture de Coriolan, écrite 5 ans plus tôt.