Mozart
Je veux « montrer ce miracle au monde » !
Léopold Mozart ©
Mozarts Geburtzhaus, SalzbourgLéopold, le père de Wolfgang, est un violoniste et compositeur de province, employé à la cour de l’archevêque (le prince-archevêque Sigismond von Schrattenbach. Léopold devient son vice-maître de chapelle lorsque Wolfgang a 7 ans, et reste jusqu’à la fin second violon de l’orchestre de la Cour, sans parvenir au poste de Konzertmeister.) de Salzbourg. Il vient de publier à 37 ans une méthode (Essai de méthode approfondie de violon. Cet ouvrage assoit sa réputation au-delà des frontières autrichiennes.) de violon intéressante, et l’on se dit en écoutant sa fille (Maria Anna Walburga Ignatia Mozart, dite Nannerl Mozart (1751-1829).) de 5 ans qu’il est un fameux pédagogue.
Mozart à 6 ans,
Pietro Antonio Lorenzoni © Mozarteum, SalzbourgLa naissance (le 9 février 1756, septième enfant de Léopold Mozart et Anna Maria Pertl, dont trois sont morts en bas âge.) de Wolfgang (il se prénomme Joannes Crisostomos, Wolfgang, Gotlieb. Lors de son premier voyage en Italie, il est appelé Amadeo (traduction italienne de Gotlieb) ; Amadeus en est la version latine.) va lui ouvrir de plus vastes horizons. Dès que la taille de ses mains le lui permet, le petit garçon passe ses journées à répéter sur le clavecin des enchaînements harmonieux, si bien qu’il sait lire la musique avant d’apprendre à lire et écrire. Capable d’apprendre des morceaux en un temps record, il se met également à composer alors qu’il n’a que 5 ans. Léopold prend conscience qu’il est le père d’un prodige, et qu’il serait dommage de ne pas « montrer ce miracle au monde ».
Léopold Wolfgang et
ses enfants, Carmontel © Musée Condé, ChantillyA une époque où l’on voyage peu, Léopold s’apprête à passer sa vie sur les routes d’Europe avec ses enfants. Le risque est grand pour la santé d’un garçonnet de 6 ans et d’une adolescente. Il l’est aussi pour lui, qui obtient un congé sans solde de son employeur…Un risque calculé (Léopold explique sa méthode un peu plus tard : « On demande à son aubergiste qui est maître de chapelle ou directeur de la musique, ou s’il n’y en a point, qui est le compositeur le plus célèbre. On se fait conduire chez lui ou, suivant son rang, on demande à le recevoir ou à s’entretenir avec lui. De cette façon on sait aussitôt si les frais d’un concert sont importants, si l’on peut se procurer un bon clavecin, si l’on peut avoir un orchestre, s’il y a beaucoup d’amateurs (…). On fait cela en tenue de voyage, sans défaire ses bagages ; on se contente de mettre quelques bagues, etc. ; c’est tout ce qu’il faut au cas où l’on trouve un clavecin au cours de la visite et qu’on veuille l’essayer ».) toutefois, car il est habitué aux cours et a déjà noué certains contacts à Vienne.
Mozart et sa sœur
jouant chez Marie-Thérèse © D.R.La nouvelle fait sensation dès qu’ils arrivent au palais impérial de Schönbrunn (le Versailles autrichien.): ces deux enfants, notamment le petit Wolfgang, capables de jouer à travers un drap couvrant le clavier, dans toutes les positions et toute la journée, sont vraiment délicieux (Nannerl, sa sœur, relate : « L’empereur François dit, entre autres choses, à Wolfgang, que ce n’était pas difficile de jouer avec tous ses doigts ; mais ce qui serait plus malaisé, ce serait de jouer ainsi sur un clavecin qu’on aurait recouvert. Là-dessus, l’enfant se mit aussitôt à jouer d’un seul doigt avec la plus grande agilité ; après quoi, il fit recouvrir les touches, et joua par-dessus un drap, tout à fait comme s’il s’était déjà exercé souvent à ce tour de force ».). Toute la noblesse se les arrache et seule la fatigue et la maladie mettent un frein à la nouvelle mode Mozart.

Pendant que Wolfgang et sa sœur prennent un repos bien mérité à Salzbourg en attendant le retour de l’été, Léopold mûrit des projets beaucoup plus ambitieux. Il était important que ses enfants soient vus à Vienne, la capitale musicale de l’Europe, mais d’autre grandes capitales attendent. Le voyage dure cette fois trois ans. Durant cette période, l’oreille de Wolfgang est marquée par le magnifique orchestre allemand de Mannheim, certainement le plus beau d’Europe. A Versailles, il exécute à nouveau des figures vertigineuses dans toutes les positions, que la reine et le roi apprécient beaucoup. Tandis que l’on se rapproche à Paris du baron Grimm (personnalité prestigieuse, critique et chroniqueur réputé, l’écrivain allemand Melchior, baron de Grimm (1723-1807) appuie les débuts parisiens de Wolfgang à la demande de Léopold), très impressionné et disposé à faire une publicité (dans sa Correspondance littéraire, il écrit : « Il a un si grand usage du clavier qu’on le lui dérobe par une serviette qu’on étend dessus, et il joue sur la serviette avec la même vitesse et la même précision. C’est peu pour lui de déchiffrer tout ce qu’on lui présente : il écrit et compose avec une facilité merveilleuse, sans avoir besoin d’approcher un clavecin et de chercher ses accords (…). Je ne désespère pas que cet enfant ne me fasse tourner la tête, si je l’entends encore souvent ; il me fait concevoir qu’il est difficile de se garantir de la folie en voyant des prodiges ».) rondement menée des phénomènes. Les conditions sont réunies pour que Wolfgang fasse publier son premier morceau (Sonates pour le clavecin qui peuvent se jour avec l’accompagnement de violon.), dédié à la fille de Louis XV. Les deux enfants jouent deux semaines plus tard à la Cour d’Angleterre. Le dernier fils Bach (Johann-Christian, de vingt-et-un ans plus âgé que lui, ayant vécu auparavant plusieurs années en Italie.), très célèbre alors en Angleterre, se prend d’affection pour cet incroyable garçonnet de 8 ans. Il lui fait connaître la musique séduisante d’Italie, l’encourageant à composer son premier air de concert, ses premières symphonies. Très enthousiaste, Wolfgang pense déjà écrire un opéra ! Le retour à Salzbourg après trois ans d’absence passe à nouveau par Paris et Versailles, où il faut encore émerveiller toute la noblesse.
Mozart en chevalier
de l’ordre de l’Eperon d’or, 1777 © D.R.Wolfgang a 12 ans. Il a composé son premier opéra (Appolo et Hyacithus, écrit pour des élèves de lycée. Suivent Bastien et Bastienne et La finta semplice.) et sa sœur enseigne déjà la musique. Léopold, estimant que les revenus de sa fille sont indispensables au foyer, reprend le voyage seul avec Wolfgang. Les portes s’ouvrent moins facilement à Vienne, Wolfgang impressionne moins et l’admiration fait place parfois à la jalousie. L’Italie par contre est enthousiaste. Wolfgang y rencontre à Bologne (il y devient membre de l’Academia Filarmonica, honneur habituellement réservé aux plus de 20 ans.) le célèbre Padre Martini (1706-1784, compositeur, théoricien, théologien, philosophe… cet homme de grande culture possède une bibliothèque de 17000 ouvrages.) auprès duquel il enrichit son écriture (il travaille le contrepoint et l’harmonie : deux principes de base de la composition.). A Rome, il est décoré (il est fait Chevalier de l’Ordre de l’Eperon d’or.) par le pape, et marque les esprits pour plusieurs siècles lors d’une messe à la chapelle Sixtine (Léopold raconte : « Tu as peut-être déjà entendu parler du Miserere [composé par Allegri] de Rome, tellement célèbre, et qui est estimé à un tel prix qu’il est expressément défendu sous peine d’excommunication aux musiciens de la chapelle d’en sortir une partition hors de la chapelle, de le copier ou de le communiquer à qui que ce soit. Or, nous le possédons déjà. Wolfgang l’a déjà écrit ».), dont il retient la musique par cœur. Deux autres voyages italiens (pour deux opéras : Luccio Silla et Ascanio in Alba.) suivent, tout aussi fructueux.
L’archevêque
Colloredo © Musée municipal, SalzbourgL'incroyable liberté dont jouissent les Mozart pour aller et venir en Europe, retrouvant toujours leur travail au retour, cesse lorsque l’archevêque Colloredo arrive à Salzbourg. Beaucoup plus rigide (souvent autoritaire, il réduit les dépenses artistiques de sa cour et se montre tellement suspicieux que Léopold et Wolfgang communiquent un temps par messages chiffrés. Il impose également la forme des pièces religieuses que Wolfgang doit composer, ce qu’il ne supporte pas.) que son prédécesseur, il entend garder à domicile ses musiciens qu’il considère comme des domestiques. Cela tombe mal pour Wolfgang, dont l’envie de voyager (il déclare à 22 ans : « Je vous assure, sans voyages (au moins pour ceux qui s’adonnent aux lettres et aux arts), on est vraiment un pauvre être ! (…) Un homme de médiocre talent reste toujours médiocre, qu’il voyage ou non – mais un homme de talent supérieur (ce que sans être impie, je ne peux pas nier être moi-même) sera… mauvais s’il doit rester toujours dans le même endroit ».) ne s’est pas tarie. Ne pouvant obtenir de congé (il lui en fait la demande à trois reprises, sans succès.), il démissionne et prépare son dernier grand voyage, cette fois-ci accompagné de sa mère. Nouveau séjour à Mannheim, où, naïf, il pense avoir trouvé sa future épouse (Aloysia Weber, chanteuse, dont la mère espère que la fréquentation de Wolfgang pourra la faire connaître. Elle n’éprouve pas de sentiment amoureux à son égard.), à Paris ensuite. Il vit là les heures les plus pénibles de sa vie, assistant impuissant au décès de sa mère malade, abandonné de ses protecteurs (Grimm ne semble plus le reconnaître, il écrit même à Léopold que Wolfgang n’est pas aimé à Paris, afin de le faire partir au plus vite.) d’autrefois. Il revient la mort dans l’âme (« Vraiment, l’archevêque ne peut pas assez me payer pour cet esclavage à Salzbourg ! Je vous le dis : je n’éprouve que du plaisir si je pense à vous y faire une visite, mais rien qu’un mécontentement total, une détresse totale, quand je me vois à nouveau dans cette cour de gueux ».) à Salzbourg après un an et demi d’absence, tâchant d’éviter le regard furieux (il lui reproche de ne pas faire d’effort pour sa carrière, d’avoir choisi une fille en dépit du bon sens, d’être à l’origine de la mort de sa mère…) de Léopold.
Enfin libre!
Mozart à 24 ans ©
Société des amis de la musique, VienneLéopold fait tant de courbettes auprès de Colloredo que Wolfgang retrouve son emploi (il est Konzertmeister (1er violon soliste) du très bon orchestre de l’archevêque.), dans des conditions matérielles encore meilleures…mais toujours avec le même employeur (il écrit à son père : « Je ne suis plus assez malheureux pour être au service du souverain de Salzbourg... Il m'a appelé un polisson, un débauché, il m’a dit d'aller au diable et moi je me suis tu... Il m'a menti à la face en me parlant de 500 florins de traitement. Il m'a appelé un gueux, un pouilleux, un crétin... Tant que l'archevêque sera encore ici, je ne donnerai pas de concert... L'Archevêque est haï et surtout par l'empereur... Je ne veux plus rien savoir de Salzbourg, je hais l'archevêque jusqu'à la frénésie ».)! Après avoir rongé son frein encore quelques mois, Wolfgang juge ses conditions de travail tellement intolérables qu’il choisit, à 25 ans, de devenir libre. Il quitte son emploi (il trouve malgré tout un poste à la Cour de Vienne cinq ans avant sa mort.), son père et sa sœur, sa ville, et part s’établir à Vienne, capitale de la musique. Les Viennois aisés accordent à l’apprentissage de la musique une place importante, au point que Wolfgang ébahi se demande s’il n’a pas atterri au « pays du piano ». L’état d’esprit détendu qui y règne, le public nombreux, l’impression de liberté (l’empereur régnant, Joseph II, est grand amateur de musique, et apprend à apprécier le talent de Mozart.) font de cette ville le révélateur du talent de Wolfgang.
Constanze Mozart ©
D.R.Vient le moment du mariage : qu’importe si Aloysia ne l’aime pas, ce sera avec sa sœur (Constanze, la 3ème fille de la famille Weber.) qu’il vivra. Léopold supporte mal ces libertés : comment son fils pourrait-il réussir son parcours professionnel sans lui, surtout avec cette femme qui ne lui convient absolument pas ! Wolfgang garde pourtant un respect et une affection indéfectibles pour son père, avec lequel il parvient à se réconcilier par la suite. Il lui prouve, par son bonheur conjugal et par l’accueil que le public réserve à ses œuvres, qu’il est possible de faire une carrière de musicien sans être attaché à aucun employeur : une idée très neuve pour l’époque ! Wolfgang n’est pas le seul musicien (Vivaldi y est mort quarante ans auparavant, Beethoven y arrive dix ans plus tard, Schubert y passe toute sa vie.) attiré par Vienne : d’autres y font carrière ou s’y font entendre régulièrement, et il est préférable de marquer son territoire et de consolider sa position. Il faut donc être suffisamment habile pour dépasser Salieri (1750-1825, compositeur de la Cour, chef d’orchestre de l’Opéra italien de Vienne ; il a pour élèves Beethoven Schubert, Liszt…. Il a six ans de plus que Mozart.) dans l’estime de l’Empereur, tout en sachant rester à sa place (Joseph II demande de cesser les rappels lors d’une représentation des Noces de Figaro, car seule la famille impériale a droit à ce genre d’honneur.) pour garder sa protection. A ce stade de son parcours, Wolfgang a assimilé les principaux courants musicaux de son époque : allemand du nord et du sud, français, italien. La sagesse impose maintenant de se tourner vers ce que les Anciens ont laissé de meilleur. C’est à ce moment que le baron van Swieten (aristocrate de la monarchie habsbourgeoise (1733-1803), connu pour ses amitiés avec de grands compositeurs parmi lesquels Haydn, Mozart et Beethoven.) fait sa connaissance : il apporte de Prusse de précieux manuscrits de fugues de Bach, dans lesquelles Wolfgang puise une sève (la Grande Messe en ut mineur K. 427 est composée dans la foulée. L’aboutissement ultime de ce travail s’entend dans le Final de sa dernière Symphonie, surnommée « Jupiter ») vitale. Haydn(Wolfgang dit de lui : « Lui seul a le secret de me faire rire et de me toucher au plus profond de l’âme ».), le musicien le plus célèbre d’Autriche, est l’autre phare que se choisit Wolfgang. Il trouve dans son œuvre, particulièrement ses quatuors à cordes, une maîtrise de l’utilisation des thèmes dont Beethoven lui-même s’inspirera.
La fragilité du génie
La maison de Mozart
dans la Domgasse à Vienne © Historisches Museum, Vienne.Wolfgang a maintenant atteint des cimes inaccessibles. Lors d’une visite à Leipzig, il est entendu d’un vieil homme (Doles, un des anciens élèves de Bach, alors âgé de 74 ans, tandis que Wolfgang en a 33.), troublé que l’orgue de la Thomaskirche de Leipzig soit joué à la manière du vieux Bach. Haydn lui-même, le plus chevronné de tous les musiciens, ne tarit pas d’éloges (Il déclare à Léopold à l’issue d’un concert des quatuors que Wolfgang lui dédie à 29 ans : « Je vous déclare devant Dieu, en honnête homme, que je tiens votre fils pour le plus grand compositeur que je connaisse ».). Mais un génie porté à de tels sommets comporte toujours sa part de fragilité. A bien y regarder, Vienne n’est pas la ville idéale pour Wolfgang. Il y connaît le succès, et sait pendant un temps composer à la fois les plus doux divertissements et sérénades pour le public frivole et les musiques les plus exigeantes (les quatuors à cordes d’une façon générale. Les concertos de piano aussi : le Concerto de piano n°9 K. 271 « Jeunehomme » par exemple, écrit à 20 ans, d’une profondeur étonnante.) et profondes pour les esprits raffinés. Ce grand écart ne peut durer : toute l’œuvre de Wolfgang est contaminée par son génie et les Viennois dans leur ensemble finissent par se détacher de lui, ce dont l’Empereur lui-même s’aperçoit (Joseph II déclare après avoir assisté à une représentation de Don Giovanni : « L'opéra est divin je dirai même qu'il est mieux que Figaro, mais ce n'est pas le mets qui convient aux dents de mes Viennois ». Mozart aurait répondu : « Laissons leur le temps de le mâcher! ») sans rien pouvoir y faire.
Portrait inachevé
de Mozart, vers 1789, par Josef Lange © Mozarts Geburtshaus,
SalzbourgWolfgang est bien entouré : Constanze (elle est toutefois assez souvent absente pour se rendre aux eaux à Baden, non loin de Vienne.) et leurs deux enfants (seulement deux garçons survivent sur leurs six enfants : Franz Xaver Wolfgang, compositeur, qui meurt en 1844, et Carl Thomas (il était dans l’administration), qui meurt en 1858. Ils n’ont pas de descendance.) lui apportent beaucoup de joie. Malgré cela, un premier grand vide a marqué son âme lorsqu’il a assisté au décès de sa mère à Paris. Puis Léopold, conseiller de chaque instant jusqu’au dernier jour, disparaît (Wolfgang parle alors de la mort comme du « véritable but de notre vie ».) à son tour alors que Wolfgang, âgé de 31 ans, achève l’opéra Don Giovanni. Ces expériences d’une grande douleur pour un être d’une telle sensibilité lui font ressentir un « vide qui lui fait très mal » (Quatre mois avant sa mort, Wolfgang se livre : « Je ne peux pas bien t'expliquer mon impression, c'est une espèce de vide qui me fait très mal, une certaine aspiration qui, n'étant jamais satisfaite, ne cesse jamais, dure toujours et croît de jour en jour. Même mon travail ne me charme plus ».). Il est probable que la loge maçonnique (la franc-maçonnerie est une organisation dont l’expansion commence au XVIIe siècle en Ecosse, pour se répandre ensuite dans une grande partie du monde. Ses membres se réunissent afin d’échanger leurs vues sur divers sujets (société, politique, philosophie…) ; à l’époque de Mozart, ce pouvait être pour lutter contre la toute-puissance des souverains, contre l’intolérance... Mozart devient « apprenti » à l’âge de 28 ans à la « loge » (groupe de base) de la Bienfaisance) à laquelle il appartient lui apporte un certain réconfort, un regard plus compréhensif que celui de la société viennoise en général : c’est d’ailleurs à elle que sont dédiées certaines de ses dernières œuvres.
Réunion à Vienne de
la loge maçonnique Zur gekrönten Hoffnung en 1790. Mozart
est à droite au premier plan © Vienne, Musée historiqueDans les dernières années, Wolfgang passe ses jours et ses nuits à composer (il écrit plus vite que quiconque, sans effectuer aucune correction, se contentant de restituer sur le papier ce qui est inscrit dans sa tête.), sans compter les répétitions de ses œuvres, la préparation des concerts. L’épuisement engendré par une telle vie joint à la fragilisation de son état psychique ont raison de lui à l’âge de 36 ans. Ses amis et sa famille se cotisent pour lui offrir un enterrement (il est inhumé au cimetière Saint-Marx dans la banlieue de Vienne. La fosse est payée d’avance et peut contenir une dizaine de personnes.) de troisième classe, sans que les Viennois ne s’émeuvent. Les Praguois, dont le goût musical est bien différent, lui rendent un hommage monumental (plusieurs milliers de personnes y sont présentes.) quelques jours plus tard.
A retenir :
- Léopold Mozart, le père de Wolfgang, est un compositeur et théoricien connu.
- Mozart est un enfant prodige : plusieurs grandes cours européennes le reçoivent durant ses années de voyage à l’étranger, dont Versailles, Vienne, Londres…
- Il fait la connaissance de grands noms de la musique durant ses voyages : JC Bach à Londres, le Padre Martini à Bologne.
- Il choisit à 25 ans de démissionner de la Cour de Salzbourg et de ne plus avoir d’employeur : il montre la voix à Schubert !
- Il passe les dix dernières années de sa vie à Vienne avec sa femme Constanze et ses deux enfants
- Il voue une grande admiration (réciproque) à Haydn, à qui il dédie des œuvres.
- Comme Schubert et Beethoven, il s’abreuve à l’écriture des Anciens maîtres, dont Bach.
- Comme Schubert quarante ans plus tard, Mozart est de moins en moins compris du grand public viennois, tandis que Prague l’adule.
- Il est initié à la franc-maçonnerie à 28 ans ; il écrit plusieurs œuvres jusqu’à la fin de sa vie pour sa loge.