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Chantez !

Mozart : Voi avete un cor fedele K. 217

Composition et création

Baldassare Galuppi, portrait anonyme © D.R. Baldassare Galuppi, portrait anonyme © D.R.

Cet air est composé pour remplacer un autre air de l’opéra-buffa (opéra italien sur un sujet comique du XVIIIe siècle. Ses sujets sont pris dans le quotidien, et il finit par un morceau concertant.) Le mariage de Dorinda (La soubrette Dorinda éconduit un prétendant que ses maîtres, le comte et la comtesse Belfiore, veulent lui imposer. Ceux-ci se querellent fréquemment à son sujet, la comtesse désirant la voir mariée avec le jardinier Mingone afin qu'elle soit loin des yeux de son mari.) de Galuppi (Baldassare Galuppi (1706-1785), l’un des compositeurs vénitiens les plus célèbres à son époque. Il compose l’opéra-buffa Dorinda à 23 ans.), à la demande de la chanteuse Catarina Ristorini. Ce genre de substitution (c’est le cas aussi des deux arias Con ossequio, con rispetto… K. 210 et Si mostra la sorte… K. 209 destinées à être intercalées dans un opéra-buffa de Piccini.) est très souvent pratiqué par Mozart, et fort courant à l’époque. L’Air est devenu indépendant du Mariage de Dorinda par la suite, pour se muer en Air de concert.

Description de l'œuvre

Paroles de l’Air :

Voi avete un cor fedele, (vous avez le cœur fidèle)
Come amante appassionato: (d’un amant passionné)
Ma mio sposo dichiarato, (Mais lorsque je serai mariée,)
Che farete? cangerete? (Que ferez-vous? Changerez-vous ?)
Dite, allora che sarà? (Dites, qu’en sera-t-il alors ?)
Manterrete fedeltà? (Resterez-vous fidèle ?)
Ah! non credo. (Ah je ne crois pas.)
Già prevedo, (Déjà je prévois)
Mi potreste corbellar. (Que vous pourriez vous moquer de moi)
Non ancora, (Pas encore)
Non per ora, Non mi vuò di voi fidar. (Je ne suis pas prête à me fier à vous)

Cet air est écrit pour une soprano colorature (le terme vient de l’allemand Koloratur, qui signifie vocalise. C’est une voix très virtuose et légère, adaptée à la musique ornementée du XVIIIe siècle.). Mozart y oppose avec virtuosité les sentiments contradictoires qui agitent Dorinda : le questionnement quant à l’amour de son prétendant (A, Andante graciozo) et la quasi assurance qu’il n’est pas fiable (B).

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