Wolfgang Amadeus Mozart Concerto pour cor n°3
(3ème mouvement) K 447
Composition et création
Ce concerto aurait été écrit à Vienne, en 1784 ou 1787.
En mi bémol majeur. Ce concerto est le plus virtuose des
quatre écrits par Mozart. Peut-être est-il écrit pour Joseph
Leutgeb (1732-1811), corniste, fidèle ami de Mozart. En
1763, cet instrumentiste était membre de l’orchestre de cour
de Salzbourg. Il s’installe en 1777 à Vienne avec son
épouse, où il tient… la boutique de fromages et de saucisses
de sa belle-famille, en même temps qu’il poursuit sa
carrière d’instrumentiste ! Wolfgang réside souvent chez lui
durant l’année 1791, quand Contanze est à Baden. Les
manuscrits de Mozart indiquent assez l’humour et la facétie
qui liait les deux hommes : commentaires, encres de couleurs
différentes employées par Mozart pour troubler le corniste
dans sa lecture ! Dans le manuscrit du deuxième concerto
pour cor, K 417, on peut lire l’inscription
suivante : « Wolfgang Amédé Mozart a pris pitié de Leutgeb,
âne, bœuf et fou, à Vienne le 27 mai 1783 » !
Le manuscrit de ce concerto ne comporte aucune plaisanterie
particulière : est-il vraiment destiné à Leutgeb ? Les
dernières œuvres écrites pour son ami révèlent que Mozart
supprime les notes les plus aiguës et les plus graves, qui
sont difficiles à jouer. Son ami aurait-il perdu
progressivement sa virtuosité ?
Mozart aurait écrit en tout 4 concertos pour cor destinés à
cet instrumentiste (K 412, K 417, K 495), des esquisses ou
manuscrits incomplets pour cor subsistent par ailleurs. Le
cor reste, à l’époque de Mozart, lié aux usages de la
sonnerie de chasse et de la musique en plein air. Le cor de
la seconde moitié du XVIIIème siècle sans pistons ne peut
émettre qu’une série assez limitée de notes. Ce n’est qu’en
1753 à Dresde, qu’un corniste de la Cour Anton Joseph Hampel
(1710-1771) invente un système de tons de rechange
permettant de jouer dans différentes tonalités. Un élève de
cet artiste,
Jan Valav Stich
(connu sous le
pseudonyme de Giovanni Punto) généralise une
technique qui permet d’obtenir des notes encore manquantes
en introduisant le poing dans le pavillon de l’instrument,
ce qui permet de modifier le son. Mozart rencontre ce
dernier personnage à Paris en avril 1778 et déclare
d’ailleurs qu’il « joue de manière magnifique ». Leutgeb, en
vrai virtuose, maîtrise parfaitement ces différentes
techniques nouvelles, et en particulier celle du jeu bouché.
Ces différents apports techniques, parfaitement maîtrisés
par son ami permettent à Mozart de sortir d’une musique
proche de celle de la chasse : le cor devient un instrument
à part entière capable de « chanter » tel un hautbois, comme
les autres instruments solistes de l’orchestre.
Description de l’œuvre
Dans ce concerto, le plus soigné, on remarque l’abondance
des modulations et l’expressivité de l’orchestre
(par rapport au concerto K 417 de 1783, le concerto K 447
remplace les hautbois et les cors par les clarinettes et les
bassons).
Allegro : les thèmes très chantants sont pleins
d’une atmosphère sereine. Le choix des deux clarinettes et
des bassons témoigne de la volonté de Mozart d’introduire ce
répertoire dans une salle de concert, et non dans un cadre
de plein air.
Romance : Emotion intime du mouvement lent central,
pour lequel Mozart emploie pour la première fois le nom de
Romance. Beaucoup de poésie, sorte d’aria que pourrait
déclamer un chanteur dans le cadre d’un opéra.
Finale : le thème de cette romance réapparaît avec
transformation rythmique dans le finale, conclusion
traditionnelle d’un concerto pour cor. La toute première
partie - qui devient le refrain - est plus proche du
caractère de chasse habituel, alors que la seconde prend un
aspect plus élégant. Ce rondo, avec alternance de couplets
et de refrain termine joyeusement le concerto entier.