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Mantovani - Streets 

Composition et création 

Bruno Mantovani et Pierre BoulezPierre Boulez et Bruno Mantovani
© Philippe Daguet / éditions Lemoine

L’idée de sa composition remonte à 2005, lorsque le compositeur se promène dans les rues de New York. Streets tâche de donner une idée de la complexité des mouvements et des bruits ressentis à ce moment. C’est une multitude de sons très complexe et dense, résultant de l’ensemble des activités humaines simultanées. C’est en même temps une impression statique car l’épaisse couche de bruits semble toujours semblable à elle-même.  

Streets a été joué pour la première fois en public en 2006 par l’Ensemble intercontemporain (c'est d'ailleurs une commande de l'EIC), dirigé par Pierre Boulez (l’un des deux dédicataires). Elle est l’occasion pour Mantovani de faire autre chose que ce qu’il a fait jusqu’alors : l’œuvre est courte (un quart d’heure, alors que son opéra L’autre côté composé à la même époque dure 2h30), l’effectif est inhabituel (il comporte peu d’instruments, ce qui ne permet de le classer ni dans la musique de chambre, ni dans la musique orchestrale, deux domaines qu’il pratique à l’époque), la fin très énergique (à l’inverse de ce qu’il fait d’habitude).

Description de l’œuvre  

L’ensemble comporte dix instruments : flûte alto, clarinette, basson, cor, trompette, percussion, harpe, violon, alto, violoncelle.

Rue de New YorkRue de New York © D.R.

Streets est une pièce contrastée, dans laquelle se succèdent passages rythmiques et denses, et plages plus calmes (sans donner l’impression d’immobilisme toutefois). Le statisme ressenti dans les rues de New York trouve son équivalent musical dans le fait qu’un seul accord (toutes les notes de la pièce peuvent se résumer à cet accord) est utilisé.

Cette pièce est moins une imitation (la démarche est donc très différente de celle de Vivaldi dans son concerto l'été, dont le but est justement d'imiter au mieux (avec les limites imposées par le cadre du concerto) le déchaînement d'un orage) des bruits environnants dans les rues de New York qu'un reflet de ce que le compositeur ressent à ce moment. Il ne faut donc pas forcément tenter d'y retrouver des éléments identifiables, mais seulement des impressions, à la manière d'un grand nombre de tableaux abstraits.

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