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Strauss - Le beau Danube bleu

La valse

La danse de l'Empereur, aquarelle d'Anton KapellerLa valse de l'Empereur, aquarelle
d'Anton Kapeller © Historisches
Museum der Stadt Wien

Avant de faire le tour de la terre, à l’époque où elle est dansée dans les bals et à la campagne, la valse consiste en une succession de 7 ou 8 danses à 3 temps.

Les Strauss réduisent le nombre de danses (Johann Strauss père notamment les fait passer de 5 à 6), et leur donnent une plus grande unité en ajoutant une introduction et une conclusion (cette conclusion récapitulative (coda) prend parfois des proportions importantes, dignes d’un développement de symphonie, chez Johann Strauss fils).

Composition et création

Couverture de la partition pour clavier du Beau Danube bleuFrontispice de la partition pour clavier
du Beau Danube bleu © Historisches
Museum der Stadt Wien

Le beau Danube bleu est composé par Johann Strauss fils à 42 ans à la demande du directeur de l’association chorale de Vienne. L'œuvre  est mal perçue dans un premier temps car les paroles (écrites par un agent de police et faisant l’apologie des nouveaux éclairages installés aux carrefours de Vienne) sont jugées ridicules, au point que la chorale refuse de les chanter.  

Lorsque Johann Strauss est invité à l’ambassade d’Autriche lors de l’exposition universelle de Paris en 1867, on lui demande d’ajouter une valse à son programme. Il fait acheminer de Vienne la partition du beau Danube bleu dans sa version avec chœur, la réarrange pour orchestre seul et obtient un triomphe. Les éditeurs viennois ne parviennent à répondre à la demande qu’avec difficulté dans les semaines qui suivent, tant le succès de l’œuvre est retentissant.    

Description de l’œuvre

Partition autographe du Beau Danube bleu Manuscrit autographe de la version avec chœur 
du Beau Danube bleu © Historisches Museum
der Stadt Wien 

Le beau Danube bleu est constitué de cinq valses enchaînées, précédées d’une introduction et conclues par une coda (conclusion reprenant certains éléments du morceau, souvent de façon fragmentaire et bousculée), ce qui correspond au plan habituel fixé par les Strauss.

La magie particulière qui se dégage de ce célébrissime (le beau Danube bleu est fréquemment utilisé au cinéma, comme dans 2001, l’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick ou Titanic de James Cameron) morceau tient à plusieurs éléments :
- l'orchestration irréprochable et raffinée, utilisant dans l'introduction les sonorités des cors extrêmement enveloppantes et « romantiques », proches de celles de Brahms (ce grand compositeur contemporain et admirateur de Johann Strauss).
- le thème de la première valse s'impose par son dessin d'une très grande souplesse. Il permet de donne une grande unité à l'œuvre, étant présenté dès l'introduction, et revenant textuellement dans la coda.
- les nombreux changements de tonalités d'une valse à l'autre (et au sein de chacune) permettent d'éviter l'impression de répétition.

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