Rameau - Rigaudon (extrait de la suite Dardanus)
Composition et création
Décors
du XVIIIe siècle pour une
représentation de Dardanus © BnF
La tragédie lyrique Dardanus est jouée pour la première fois en public à l’Opéra de Paris en 1739. Elle est l’une des œuvres les plus abouties de Rameau, alors âgé de 56 ans.
Comme cela se fait souvent, Rameau sélectionne quelques uns des plus beaux morceaux de l’œuvre (des danses) et les assemble dans une suite (beaucoup de compositeurs, constatant le succès de certains morceaux de l'une de leurs œuvres, les arrangent pour les placer à la suite les uns des autres dans une "Suite". Parmi les plus connues : les deux suites Carmen et la suite L'Arlésienne de Bizet (d'après sa musique de scène), la suite Roméo et Juliette de Prokofiev (d'après sa musique de ballet), les deux suites Peer Gynt de Grieg (d'après sa musique d'accompagnement pour la pièce)) pour orchestre, qui ne comporte pas de voix.
Description de l’œuvre
Le rigaudon est une danse d’origine provençale qui remonte au XVIIe siècle, également connue en Angleterre et en Allemagne (Telemann en compose). De rythme binaire (chaque mesure se divise nettement en deux parties), elle commence généralement un temps avant la première mesure (c'est à dire sur le temps faible qui précède la première mesure: on commence alors "en anacrouse"), chaque phrase durant quatre mesures. Rameau l’apprécie particulièrement car il en place à peu près dans tous ses opéras.
Le rigaudon de la suite Dardanus est écrit pour un ensemble comportant
les cordes et les bois. Il est extrait de l'acte I de la tragédie lyrique Dardanus,
où il forme à l'origine deux rigaudons :
- le premier est vif. La mélodie est jouée dans un premier
temps par les hautbois et 1ers violons, tandis que les 2nds violons et altos accompagnent.
Puis ces deux groupes se répondent en canon, en une magnifique écriture puissante
et limpide typique de Rameau
- le deuxième (qui est chanté (« Guerriers,
suivez l'Amour, C'est dans sa cour Que les plaisirs font séjour, Cédez à votre tour
! Mars vend cher aux guerriers D'inutiles lauriers; en fait des héros frileux Mais
les rendil heureux ? Lorsque d'un jeune cœur Le tendre amour nous aide à vaincre
la rigueur, Qu'il vous enchaîne Qu'il vous entraîne, Quel triomphe est plus flatteur
? A nos désirs Il offre à la fois la gloire et les plaisirs ») dans la
tragédie lyrique) est d'une écriture plus légère, alternant le trio (2 hautbois
et le basson) en valeurs longues et des interventions de l'orchestre entier.