L'Été, 3ème mouvement - Antonio Vivaldi
Le concerto
Frontispice du
recueil Il Cimento dell
armonia e dell inventione © D.R.
Le génie de Vivaldi consiste à récupérer ce qui existe déjà en le modifiant :
- du concerto grosso (un ensemble de solistes - le concertino - dialogue
avec l’orchestre - le ripieno - : on oppose donc un petit ensemble à
un ensemble plus important) qui domine à son époque, Vivaldi fait progressivement
ressortir, non plus un bloc d’instruments, mais un seul soliste. Ce choix
est à peu près définitif à partir des concertos du recueil
La Stravaganza (et dans environ 350
des 500 concertos qui nous sont parvenus), édité à 36 ans.
- le concerto, lorsque Vivaldi est encore jeune, est dominé par Corelli ; il
possède alors 4 mouvements. Vivaldi supprime le premier mouvement, obtenant ainsi
un plan symétrique et fortement contrasté,
vif (souvent très virtuose) -
lent (cce n’est maintenant plus une simple transition comme chez ses collègues
mais une ample mélodie digne des plus beaux airs d’opéra) –
vif.
- les thèmes de Vivaldi sont d’une conception très neuve : très nerveux
et incroyablement vivants dans les mouvements rapides, chaleureux et lyriques dans
le mouvement lent.
Composition et création
Vivaldi a 46 ans lorsque son Il Cimento dell’armonia et dell’invenzione (Confrontation de l’harmonie et de l’invention. On sait que la composition de ces concertos est de plusieurs années antérieure à leur parution) paraît à Amsterdam (chez Michel-Charles Le Cène, successeur d’Estienne Roger, célèbre éditeur de musique). Ce recueil de 12 concertos, dont les quatre premiers sont Les Quatre Saisons, n’est pas son premier : le très important recueil L’Estro Armonico (son premier recueil de concertos, ses premières œuvres à être éditées chez l’important éditeur d’Amsterdam Estienne Roger. Il comporte, entre autres, des concertos de soliste, grande nouveauté pour l’époque) l’avait précédé de 13 ans.
Description de l’œuvre
Les Quatre Saisons sont écrits pour violon et orchestre (un orchestre de chambre - soit une douzaine de musiciens - comportant des cordes et le continuo. On appelle « continuo » l’accompagnement que l’on pratique à l’époque, avec un clavier et un instrument à archet grave). C’est une musique écrite d’après un texte (quatre sonnets, un par saison) attribué au compositeur lui-même, et qui comporte de nombreuses imitations (cris d’oiseaux, aboiements…). Chaque vers est identifié par une lettre (A, B, C...) afin que l'on puisse juger de l'effet en suivant la partition.
Le troisième mouvement du concerto l'Été représente le déferlement de l'orage (Ah che purtroppo...). Son tempo très vif (presto) donne une image particulièrement saisissante de la violence des éléments.
L'orchestre au complet (quelques instrumentistes seulement, rappelons-le) alterne avec le soliste, seul ou accompagné de la basse continue (l'accompagnement typique de l'époque baroque, constituée d'un instrument à archet grave (violoncelle ou viole de gambe) et un clavier (orgue "positif" ou clavecin)), imitant ainsi l'alternance des grondements de l'orage et des moments de répit.
L'atmosphère oppressante de l'orage est rendue par les répétitions obstinées et très rapides de notes, tandis que sa violence se traduit par les traits virtuoses tantôt descendants, tantôt ascendants.