Dossiers pédagogiques > Concerts éducatifs

Pulsez !

Lully - Marche pour La Cérémonie des Turcs

Composition et création

Le Bourgeois gentilhommeFrontispice du Bourgeois
gentilhomme
 © BnF

Le Bourgeois gentilhomme est la dernière comédie-ballet à laquelle Lully ait collaboré avec Molière. Les raisons de sa composition méritent d’être relatées :  

La cour de Versailles a sorti ses plus grandes richesses en cette année 1669 afin de recevoir pour la première fois l’ambassadeur du Grand Turc. Celui-ci prête peu d’attention à toutes ces dorures (il aurait dit que « dans son pays, les chevaux étaient mieux harnachés que le roi ») ; on découvre de surcroît qu’il n’est pas le moins du monde le haut personnage auquel on s’attendait, mais un émissaire de rang bien plus modeste. Tous ces ors sont par conséquent complètement déplacés.

Afin que la cour ne perde pas la face, il est décidé que serait composée une pièce de théâtre « où l’on put faire entrer quelque chose des habillements et des manières des Turcs ». En naît Le Bourgeois gentilhomme, comportant « un ballet turc ridicule », selon le vœu de Louis XIV, qui permet au pouvoir royal de trouver une réplique élégante au manque de savoir-vivre de son invité.  

La pièce est créée à Chambord (le roi avait prévu d’y aller chasser ; cette comédie-ballet est l’occasion d’un divertissement supplémentaire) en 1670, avec Molière (M. Jourdain) et Lully (le Grand Muphti) dans les rôles principaux.

Description de l’œuvre

La Cérémonie des Turcs est destinée à faire de M. Jourdain un Mamamouchi (terme - peut-être adapté de l'arabe - désignant une personne qui se donne des airs supérieurs sans en avoir réellement conscience). Cette scène est le noyau du Bourgeois gentilhomme: c'est autour d'elle que la comédie-ballet est écrite.

L'orchestre utilise presque tous les instruments existant à l'époque, exceptés les trompettes et timbales, réservées aux festivités.

Le ton grave de sol mineur, les rythmes pointés semblables aux grandes ouvertures d'opéras de Lully, les immenses accords (pour l'époque) contribuent à rendre le décalage voulu par les auteurs. Monsieur Jourdain, par la grandeur de la musique, pense vivre l'un des plus grands moments de son existence, alors que l'on se moque de lui.

Cette marche alterne deux parties (A et B, elles-mêmes possédant des reprises). La répétition incessante permet d'étoffer l'instrumentation au fur et à mesure et de donner aux danseurs une impression de vertige.

fermer
Votre nom :

Votre email :

Destinataire :

Message :
fermer
fermer
URL :
fermer

Le Bourgeois gentilhomme, Acte IV, scène 5

Six Turcs entrent gravement deux à deux, au son de tous les instruments. Ils portent trois tapis fort longs, dont ils font plusieurs figures, et, à la fin de cette première cérémonie, ils les lèvent fort haut ; les Turcs musiciens, et autres joueurs d'instruments, passent par dessous ; quatre Derviches qui accompagnent le Mufti ferment cette marche.
Alors les Turcs étendent les tapis par terre, et se mettent dessus à genoux ; le Mufti est debout au milieu, qui fait une invocation avec des contorsions et des grimaces, levant le menton et remuant les mains contre sa tête comme si c'était des ailes. Les Turcs se prosternent jusqu'à terre, chantant Alli, puis se relèvent, chantant Alla, ce qu'ils continuent alternativement jusqu'à la fin de l'invocation ; puis ils se lèvent tous, chantant Alla ekber.

Alors les Derviches amènent devant le Mufti le Bourgeois vêtu à la turque, rasé, sans turban, sans sabre, auquel il chante gravement ces paroles :

Le Mufti
Se ti sabir,
Ti respondir ;
Se nou sabir,
Tazir, tazir.

 

Mi star Mufti :
Ti qui star ti ?
Non intendir :
Tazir, tazir.


Deux Derviches font retirer le Bourgeois. Le Mufti demande aux Turcs de quelle religion est le Bourgeois, et chante :
Dice, Turque, qui star quista,
Anabatista, anabatista ?


Les Turcs répondent.
Ioc.

Etc…

fermer
Votre nom :

Votre email :

Destinataire :

Message :
fermer
fermer
URL :