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Lully - Rondeau pour la gloire

Composition et création

Décor d'AlcesteDécor d'Alceste © BnF Couverture de l'édition originale d'AlcesteFrontispice de l'édition originale
d'Alceste © BnF

Alceste est la deuxième tragédie lyrique (c'est le nom donné à l'opéra à cette époque en France, par opposition avec l'opéra italien) de Lully et Quinault (celui-ci est appelé « librettiste » car il rédige le « livret »,qui contient le texte de l’opéra ainsi que les indications scéniques). Créée en 1674, elle fut reçue très diversement :
- avec enthousiasme à Versailles tout d’abord, où Louis XIV demanda qu’aient lieu les répétitions.
- dans le silence à Paris (où ont lieu les représentations) ensuite. Une partie du public juge que le privilège (le privilège de l’Académie royale de musique, interdit à quiconque d’autre de monter des opéras de façon normale) obtenu par Lully deux ans auparavant est scandaleux, et s’arrange pour que personne n’applaudisse à la première représentation parisienne. Les critiques du lendemain ne sont pas meilleures : « Oh ! Quelle musique de chien ! Oh ! Quelle musique du diable ! ». Cette déception n’est que provisoire : la nouveauté du langage de Lully, dont la qualité (il attache un soin tout particulier à ce que sa musique épouse les mots sans en transformer le rythme : l’équivalent de ce que font certains compositeurs de chansons ou de comédies musicales aujourd’hui) est incontestable, place en peu de temps l’opinion du côté de Lully ; l’opéra a désormais une place en France.  

Description de l'œuvre   

Décor d'AlcesteDécor d'Alceste © BnF

Le rondeau est au Moyen Âge l'une des formes musicales (avec la ballade et le virelai) les plus utilisées dans la chanson. Un grand nombre des chansons d'aujourd'hui (fort différentes des rondeaux de Clément Marot, l'un des plus grands poètes du XVIe siècle) ont la forme du rondeau (le Te Deum de Charpentier est également de forme rondeau) : un refrain alternant avec des couplets.

Le Rondeau pour la gloire extrait d'Alceste utilise l'orchestre au grand complet : cordes, hautbois, bassons, trompettes, timbales et basse continue (l'accompagnement typique de l'époque baroque, constituée d'un instrument à archet grave (violoncelle ou viole de gambe) et un clavier (orgue positif ou clavecin)).

Les couplets contrastent avec le refrain pour deux raisons :
- les trompettes et timbales (ces instruments sont utilisés assez rarement à l'époque : ils sont réservés aux musiques festives (voir le Te Deum de Charpentier)), instruments les plus puissants, ne jouent que dans le refrain.
- le refrain est en do majeur et ne comporte aucune altération : il donne ainsi une impression de solidité. Les deux couplets semblent moins statique car ils passent dans d'autres tonalités (le premier passe en sol majeur (un dièse), la tonalité la plus proche de do majeur; le deuxième passe en majeur (deux dièses) et mi majeur (quatre dièses) brièvement, deux tonalités plus lointaines).

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