Dossiers pédagogiques > Repères musicologiques > Jazz > L'histoire du jazz par ses principaux instruments

L'histoire du jazz : la trompette

  La Trompette dans le jazz    
  Lèvres, embouchure
et pistons
  Le bugle
  Le cornet à pistons
  La trompette, instrument des origines
  Le règne d’Armstrong
  L’expressivité
de l’ère Swing
  Le be-bop
et sa descendance
  Virtuosité et hyperexpressivité
  La profusion stylistique
  Le cas Marsalis
et ses contradicteurs
Les trompettistes dans les concerts enregistrés de la Cité de la musique
 La profusion stylistique    
 
 

Funk et électricité
Les années 1970 voient la ramification des modes de jeu chez les trompettistes de jazz, conséquence directe de la superposition des influences et de la fragmentation stylistique consécutive aux remises en question provoquées par le free jazz et à la perméabilité du jazz aux autres courants musicaux. Miles Davis occupe, à nouveau, une place prépondérante : son intérêt pour le rock, sa fascination pour Jimi Hendrix, pour l’énergie du funk et la sensualité de la soul music, mais aussi l’attention qu’il prête aux recherches de Karlheinz Stokhausen l’amènent non seulement à s’entourer d’instruments électriques mais encore à vouloir explorer lui-même les effets rendus possibles par l’électrification de son instrument et l’usage de la pédale wah-wah et de la fuzz box employées par les guitaristes. Il en tire des gammes de timbres nouvelles, un phrasé déchiqueté se développant par bribes, nébuleux et bouillonnant qui se fond dans une pâte sonore collective saturée. Par la suite, peu de groupes de fusion intègrent un trompettiste, mais les ressources de l’électronique et de l’amplification permettent à certains de s’imposer dans les groupes de jazz à forte influence funk ou rock : Don Ellis, Eddie Henderson (1940) auprès d’Herbie Hancock, Randy Brecker (1945) dans les Brecker Bros, Ian Carr (1933) dans le groupe anglais Nucleus... Ces trompettistes, à l'image d'Eddie HendersonEcouter un extrait du solo de Eddie Henderson avec le quintet de Max Roach (concert du 29 janvier 1998 à la Cité de la musique), se révèlent d'excellents solistes en contexte acoustique.

 
         
Texte de Vincent Bessières