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L'histoire du jazz : la trompette

  La Trompette dans le jazz    
  Lèvres, embouchure
et pistons
  Le bugle
  Le cornet à pistons
  La trompette, instrument des origines
  Le règne d’Armstrong
  L’expressivité
de l’ère Swing
  Le be-bop
et sa descendance
  Virtuosité et hyperexpressivité
  La profusion stylistique
  Le cas Marsalis
et ses contradicteurs
Les trompettistes dans les concerts enregistrés de la Cité de la musique
 Virtuosité et hyperexpressivité    
 
 

Deux innovateurs sous influence
Dans les années 1960, période de domination du saxophone, le principal novateur sur la trompette est Freddie Hubbard (1938), dont une partie de l’originalité consiste en une transposition des innovations des saxophonistes ténors, en particulier des « nappes de son » de John Coltrane. Grâce à une technique impressionnante et sans doute inégalée, il produit une profusion véloce de notes (en recourant notamment au lip trilling) dont les agrégats comptent davantage que le dessin mélodique. Construisant des séquences à partir de gammes ou de fragments de gammes répétés jusqu’à saturation, Hubbard pousse le raisonnement de ses improvisations selon une pensée modale qui s’écarte de la logique harmonique traditionnelle jusqu’à produire des phrases tantôt très complexes dans leur architecture, tantôt ressemblant à des concentrés d’énergie (les fameuses « nappes de sons » inventées par Coltrane). Travaillant à un façonnement constant de son timbre, Hubbard dispose d’une sonorité épaisse, puissante, profonde et contrastée. Sous son influence (et celle d’Eric Dolphy et McCoy Tyner), Woody Shaw (1944-1989) rechercha lui aussi une alternative aux conceptions tonales traditionnelles en explorant notablement les gammes pentatoniques, le jeu sur les intervalles et en assumant une grande liberté rythmique sans renoncer au swing.

 
         
Texte de Vincent Bessières