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Le hard bop
Entre 1955 et 1965, le hard bop qui prône le retour
aux fondamentaux de la culture noire, et notamment le blues, connaît
une série de trompettistes qui réhabilitent certains effets expressifs
de l’ère Swing tout en recherchant une virtuosité inspirée
de Dizzy Gillespie et, surtout, de Clifford Brown, qu’ils atteignent
rarement, faute de disposer d’une technique aussi exceptionnelle :
Joe Gordon (1928-1963), Blue Mitchell
(1930-1979), Donald Byrd (1932), Bill Hardman
(1933-1990), Ted Curson (1935), Carmell Jones
(1936-1996), Lonnie Hillyer (1940-1985), etc. qui s’illustrent
dans les petites formations noires des années 1950 et 1960 (Jazz Messengers
du batteur Art Blakey ; quintette de Horace Silver ; groupes
de Charles Mingus, etc.), cultivent la vélocité au service d’une
expression directe et fervente en rapport avec leur retour aux racines
afro-américaines. Lee Morgan maîtrise avec bonheur le half-valve
et le triple tonguing qu’il remet en usage au sein d’une
palette sonore d’une grande variété et d’un sens du développement
et de la tension rarement aussi entraînant. Disparu très
jeune (à 23 ans), Booker Little (1938-1961),
très virtuose, formé à l’école classique, ouvre
le champ de ses improvisations à quelques dissonances nouvelles
au contact du saxophoniste Eric Dolphy qui révèlent une logique
de pensée harmonique et métrique audacieuse qu’il ne pourra pousser
à son terme, emporté par la maladie à 23 ans.
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