Dossiers pédagogiques > Repères musicologiques > Jazz > L'histoire du jazz par ses principaux instruments

L'histoire du jazz : la trompette

  La Trompette dans le jazz    
  Lèvres, embouchure
et pistons
  Le bugle
  Le cornet à pistons
  La trompette, instrument des origines
  Le règne d’Armstrong
  L’expressivité
de l’ère Swing
  Le be-bop
et sa descendance
  Virtuosité et hyperexpressivité
  La profusion stylistique
  Le cas Marsalis
et ses contradicteurs
Les trompettistes dans les concerts enregistrés de la Cité de la musique
 Le be-bop et sa descendance    
 
 

Les héritiers directs
Sans être radicalement opposés, Dizzy Gillespie et Miles Davis encadrent le spectre de la trompette moderne dont tous les spécialistes sont, à des degrés divers, marqués par leur conception. Si Thad Jones (1923-1986), Clifford Brown (1930-1956), qui réhabilite le vibrato et le staccato au service d’un sens parfait du phrasé et Lee Morgan (1938-1972) assurent la descendance de la trompette bop en développant une technique digitale très sûre au service d’une puissance exaltée, les recherches de Miles Davis étiquetées « cool » ont une influence déterminante au début des années 1950 sur des mélodistes songeurs empreints de mélancolie : Chet Baker (1929-1988), Tony Fruscella (1927-1969), Shorty Rogers (1924-1994) font preuve d’un phrasé dépouillé et décontracté et d’un sens du contrepoint qui peuvent sembler loin de la brillance virevoltante des boppers. Et pourtant, réduire la trompette à une double école entre des musiciens blancs cool et des Noirs essentiellement boppers ardents serait une caricature : que penser d’un Conte Candoli (1927-2001) qui se revendique disciple de Dizzy Gillespie mais dont l’essentiel de la carrière se déroula en Californie ? Et d’un Art Farmer (1928-1999), chéri par Gerry Mulligan, qui se distinguait par son lyrisme, sa sonorité feutrée et moelleuse qui le poussera à concevoir sa flumpet ?

 
         
Texte de Vincent Bessières