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Dizzy Gillespie (BnF, fonds Delaunay)
Dizzy Gillespie, un
chef de file
Influencé par Roy Eldridge dont il admire le phrasé volubile et l’étonnante
mobilité, Dizzy Gillespie est non seulement le chef de file, avec Charlie
Parker, du mouvement be-bop mais aussi le père fondateur de la
trompette de jazz moderne. Doté d’une très grande intelligence
harmonique que supporte une technique très assurée qui lui permet
de grands écarts dans les changements de registres et de volume, Gillespie
développe un style acrobatique et virtuose. Son phrasé zigzagant repose
davantage sur une exploration harmonique que sur une extrapolation mélodique ;
il fonde une partie de sa richesse polyrythmique sur une assimilation
des rythmes afro-cubains et sa compréhension de la clave au
contact de percussionnistes originaires de Cuba. Fantaisiste dans l’âme,
il se singularise en adoptant en 1952 une trompette coudée dont le pavillon
à 45° est dressé vers le ciel mais ni l’humour, ni
le pittoresque n’éclipsent une mise en place millimétrée dont
le caractère impétueux est à la fois maîtrisé et
réfléchi dans une l’exécution.
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