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Bill Coleman (BnF, fonds Delaunay)
La descendance de
« Pops »
De la fin des années 1920 jusqu’au début des années 1940, quels
que soient leur région d’exercice ou leur orchestre d’appartenance,
les trompettistes s’expriment dans un style largement défini par
l’influence de Louis Armstrong, dont le surnom de « Pops »
malgré son caractère affectueux ne doit pas occulter la véritable
portée. Le reste est affaire d’« accent »,
de régionalisme, d’idiosyncrasie et le signe de l’expansion
du jazz à l’échelle du territoire américain. Même
s’ils convergent vers New York, Bill Coleman
(1904, du Kentucky) et Doc Cheatham (1905, de Nashville)
forgent leur style dans leur province : tous deux sont des adeptes
d’un jeu « sweet » (suave, distingué,
tendre sans mièvrerie ni sentimentalisme, très vocal dans
ses inflexions) qui n’est pas sans parenté avec les trompettistes
qui forment l’« école » de Saint Louis sur
le Mississippi, entre La Nouvelle-Orléans et Chicago. Initié par Charlie
Creath dès les années 1910, celle-ci se caractérise par un style
souple allié à une sonorité onctueuse jamais criarde, sans grand
vibrato : Shorty Baker (1913, de Saint-Louis)
en est le parangon, qui trouve des prolongements chez Clark Terry (l’un
des premiers trompettistes à adopter le bugle) et Miles Davis.
On trouvera des parentés chez les trompettistes de Kansas City, notamment
chez les solistes de Count Basie que furent le bien-nommé Harry
« Sweets » Edison et son collègue
Buck Clayton. Souvent à la frontière
du jazz et de la variété, le Blanc Harry James (1916-1983)
aura, par sa virtuosité et sa notoriété, une influence qui n’est
pas à négliger.
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