| |
Premiers trompettistes « hot » à Harlem
Dès les origines du jazz, l’expressivité hot
des trompettistes passe par l’emploi d’effets variés, parfois
saugrenus ou burlesques (comme le trait en « éclat de rire »
par lequel Freddie Keppard ouvre So This Is Venice avec le
Doc Cooke’s Orchestra). Les sourdines contribuent largement à
l’éventail des sonorités. Les accessoires ne manquent pas qu’ils
soient manufacturés (en métal, en caoutchouc, en bois) ou qu’ils
consistent en objets détournés (bouteille, ventouse, béret), voire qu’il
s’agisse simplement de placer la main devant le pavillon. A New
York dans les premières années 1920, certains trompettistes comme
Johnny Dunn (1897-1937) se sont fait, d’ailleurs,
une spécialité de ces accessoires qui contribuent à la « sauvagerie »
de la musique syncopée par les sonorités inédites qu’ils en tirent.
Joe Smith (1902-1937) séduit les chanteuses de blues
par son usage très sensuel de la sourdine plunger. En
les couplant avec des effets gutturaux de growl, Bubber
Miley (1903-1932) en tire des couleurs wa-wa rageuses,
des inflexions qui vocalisent le discours et contribuent au fantastique
des tableaux jungle de l’orchestre de Duke Ellington
(East St. Louis Toodle-oo, 1927). |
|
|