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L'histoire du jazz : la trompette

  La Trompette dans le jazz    
  Lèvres, embouchure
et pistons
  Le bugle
  Le cornet à pistons
  La trompette, instrument des origines
  Le règne d’Armstrong
  L’expressivité
de l’ère Swing
  Le be-bop
et sa descendance
  Virtuosité et hyperexpressivité
  La profusion stylistique
  Le cas Marsalis
et ses contradicteurs
Les trompettistes dans les concerts enregistrés de la Cité de la musique
 La trompette, instrument des origine    
 
 

King Olivier, le premier souverain
La plupart des maîtres néo-orléanais jouaient non de la trompette mais du cornet, à l’attaque plus directe. Ce sont les cornettistes qui s’imposent comme la voix à suivre dans les improvisations collectives, et l’on s’accorde à voir en King Oliver, le premier soliste d’importance (Dippermouth Blues, 1923). Son jeu robuste, vigoureux, carré, confortablement assis sur le temps, appuyé par un son épais, lui permet de jeter les bases du jeu collectif dont il mène les évolutions avec une autorité qui impressionnera son jeune disciple, Louis Armstrong, engagé comme second cornet.

King Oliver ne sera pas sans descendance, si l’on se souvient de Tommy Ladnier (1900-1939), fortement ancré dans le blues, et de Natty Dominique (1896-1982), qui mena carrière à Chicago. Il est aussi la principale source d’inspiration directe pour une génération de musiciens blancs qui imitent les premiers jazzmen noirs, tout en cultivant les effets de burlesque et les sonorités de cirque dans une perspective pittoresque. Les cornettistes Nick La Rocca (1889-1961), membre fondateur de l’Original Dixieland Jazz Band, tout comme Muggsy Spanier (1906-1967) à la tête des Bucktown Five et Paul Mares (1900-1949) des New Orleans Rhythm Kings, qui firent carrière à Chicago, sont largement redevables aux instrumentistes noirs même si, pour des raisons qui tiennent à la ségrégation, ils les devancèrent parfois dans les studios d’enregistrement.

 
         
Texte de Vincent Bessières